Retour de la sculpture de Louis XIV à Versailles


1. Remise en place de la statue de Louis XIV
sur la place d’Armes de Versailles, le 27/4/09
Photo : D. Rykner

27/4/09 – Restauration – Versailles, Domaine national du château et des Trianons – Le retour de la statue équestre en bronze de Louis XIV (ill. 1) constitue une excellente nouvelle. L’emplacement retenu par l’établissement public, devant l’Avenue de Paris, est en effet le meilleur choix possible. Louis XIV continuera donc, n’en déplaise aux esprits chagrins qui prétendent que cette œuvre n’aurait aucun intérêt artistique, à accueillir les visiteurs.
Le groupe, installé en 1836 entre les Pavillons Gabriel et Dufour (à l’emplacement du portail de la grille royale détruite à la fin du XVIIIe siècle), est formé de deux éléments distincts à l’origine. La monture, sculptée par Pierre Cartellier, devait servir à l’édification d’un monument équestre de Louis XV commandé par Louis XVIII en 1816 pour la place de la Concorde, en remplacement de celui de Bouchardon détruit à la Révolution. Finalement fondu en 1829 par Charles Crozatier, il fut complété par un Louis XIV dû à Louis Petitot, gendre de Cartellier, et réalisé en bronze par le même Crozatier. Fortement dégradé, ce groupe a été enlevé de son emplacement d’origine (ill. 2) pour faire place à la médiocre grille moderne qui prétend restituer celle d’Hardouin-Mansart.

2. Pierre Cartellier (1757-1831) et
Louis Petitot (1794-1862)
Statue équestre de Louis XIV
Bronze
Vue prise en décembre 2003 dans la cour
de Versailles, à l’emplacement d’origine de
la sculpture
Photo : D. Rykner

3. Pierre Cartellier (1757-1831) et
Louis Petitot (1794-1862)
Statue équestre de Louis XIV (détail)
Bronze
Après restauration, dans les ateliers de la
Fonderie de Coubertin
Photo : Service de presse


Ce matin donc, le cavalier et sa monture ont été replacés sur leur socle. Les échafaudages resteront encore quelques mois en place, la sculpture nécessitant encore certaines interventions.
La restauration (ill. 3) a été effectuée par les Fonderies de Coubertin (les mêmes qui ont fondu la nouvelle grille). Elle a consisté à remplacer entièrement l’ossature interne trop corrodée et qui menaçait la pérennité de l’œuvre, à restaurer les dégradations de la surface, à replacer les éléments (plumet du chapeau, harnais du cheval et lame de l’épée) qui avait dû être enlevés car ils menaçaient de tomber et, enfin, à refaire la patine qui avait hélas complètement disparu. Celle-ci, de couleur vert-bronze, a été reconstituée d’après la couleur visible sur le tableau d’Horace Vernet montrant Louis-Philippe et ses fils devant le château. Si cette teinte est parfaitement plausible et s’il fallait bien faire un choix dont la pertinence n’est ici pas en cause, remarquons toutefois que le tableau de Vernet ne permet pas de dire, comme l’a prétendu Frédéric Didier, l’architecte en chef du domaine, lors de la présentation à la presse, qu’on soit certain qu’il s’agisse exactement de la couleur d’origine, d’autant que la patine évolue avec le temps. Vernet ne s’est évidemment jamais dit qu’il fallait qu’il reproduise parfaitement les tons de la sculpture pour que celle-ci puisse être restaurée, un siècle et demi plus tard. Répétons-le à nouveau : les documents anciens, peintures, dessins ou gravures ne doivent pas être pris pour parole d’évangile.

4. Pierre Cartellier (1757-1831) et
Louis Petitot (1794-1862)
Statue équestre de Louis XIV (détail)
Bronze
Vue prise le 27/4/09 lors de l’installation
sur la place d’Armes après restauration
Photo : D. Rykner

5. Pierre Cartellier (1757-1831) et
Louis Petitot (1794-1862)
Statue équestre de Louis XIV (détail)
Bronze
Vue prise le 27/4/09 lors de l’installation
sur la place d’Armes après restauration
Photo : D. Rykner


Le résultat de cette restauration est spectaculaire. En s’approchant de l’œuvre, on peut constater ses qualités et la nervosité de la ciselure (ill. 4 et 5).
Il faudra attendre l’inauguration officielle, qui aura lieu le 25 juin prochain, pour apprécier enfin ce Louis XIV, débarrassé des échafaudages qui l’entourent.

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Didier Rykner, lundi 27 avril 2009


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