
Virginia Vezzi (1597-1638)
Judith et Holopherne, vers 1624-1626
Huile sur toile - 98 x 74 cm
Nantes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galleria W. Apolloni – Roma
23/4/09 – Acquisition – Nantes, Musée des Beaux-Arts – Judith et Holopherne, de Virginia Vezzi, l’épouse de Simon Vouet (ill.), a particulièrement séduit les visiteurs de l’exposition consacrée aux années italiennes du peintre (voir notre recension)1. Il vient d’être acquis par le musée des Beaux-Arts de Nantes et y retournera donc définitivement après son étape bisontine.
Il s’agit du seul tableau certain de cette artiste, son nom étant attesté par une gravure de 1626 de Claude Mellan. Le style est très proche de celui de Vouet, même si, pour reprendre ce qu’en dit Guillaume Kazerouni dans la notice qu’il lui consacre dans le catalogue : « les contours sont plus découpés et le dessin plus incisif ». L’attribution à Virginia d’une autre toile du même sujet, conservée à Munich et exposée en 2005 au Grand Palais, est loin de faire l’unanimité tandis qu’une Danaë du Blanton Museum of Art d’Austin aux Etats-Unis pourrait, toujours selon Guillaume Kazerouni, lui revenir.
Nous écrivions en 2005 : « Le musée de Nantes semble ne plus s’intéresser, tant pour les acquisitions que pour les expositions, qu’aux XXe et XXIe siècle, négligeant ainsi toute une partie de sa collection. » Il semble que cette période soit heureusement révolue, puisqu’après les grands tableaux de Claude-Marie Dubufe acquis l’année dernière (voir brève du 20/10/08), l’achat de ce Judith et Holopherne ou l’organisation de l’exposition Vouet montrent un nouvel intérêt pour les œuvres anciennes. On peut espérer que cela se traduira dans le prochain agrandissement du musée, annoncé au début du mois d’avril par la municipalité.
Notons cependant quelques inexactitudes dans le communiqué transmis par l’AFP. La ville a en effet signalé que le musée des Beaux-Arts de Nantes est « notamment réputé pour sa collection de 850 œuvres contemporaines » ce qui est légèrement abusif : Nantes étant surtout connu pour son important fonds de tableaux anciens et du XIXe siècle. Dire que l’extension « aura la particularité par rapport aux autres musées de province de ne pas se focaliser sur une période particulière mais "de couvrir tout l’art du XIIe siècle à aujourd’hui grâce à la richesse de ses collections" » est tout simplement absurde, la plupart des grands musées français étant dans le même cas. Ces fanfaronnades sont bien inutiles : l’agrandissement de ce musée (à condition que les travaux respectent le bâtiment ancien) est une excellente nouvelle qui se suffit à elle-même. Il reste à espérer que le chantier, qui entraînera hélas la fermeture pour une durée d’un an, ne se prolonge pas au delà.
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