17/3/09 – Musée – Fontainebleau – Cela était prévu depuis déjà plusieurs mois, dans le cadre de la Réforme générale des politiques publiques (voir brève du 17/4/08) : le château de Fontainebleau devient un établissement public.
On ne peut que regretter cette évolution. Donner davantage d’autonomie et de responsabilités aux dirigeants des musées était a priori une bonne chose. La création de ces structures a malheureusement, dans bien des cas, abouti à la mise en place de véritables Etats dans l’Etat. Elles ont fait perdre progressivement tout pouvoir à la direction des Musées de France, en diminuant l’entraide entre les musées et en favorisant le développement de politiques commerciales bien éloignées des pratiques en vigueur auparavant, et de la déontologie qui devrait s’appliquer à ce type d’établissement.
Cette politique a entraîné la nomination à la tête des musées de personnes n’ayant aucune compétence en histoire de l’art (voir notamment notre éditorial du 4/6/06).
Bernard Notari, l’actuel directeur de Fontainebleau, est dans ce cas. Les statuts du nouvel établissement public ont donc été taillés à sa mesure : comme le Centre Pompidou, le Musée du Quai Branly ou Versailles, et à la différence (mais pour combien de temps encore ?) du Louvre et d’Orsay, les statuts n’imposent aucune qualité particulière à celui qui en sera nommé président-directeur. Le Conseil des ministres du 11 mars a prévu que, bientôt, le Musée national de la céramique et la manufacture de Sèvres (réunis en une seule entité) et le Musée Picasso deviennent à leur tour établissements publics. Ce dernier témoigne, hélas, depuis un peu plus de trois ans, que certains conservateurs sont parfois tout disposés à pratiquer la même politique de marchandisation que le pire des énarques.


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