Le Joueur de cornemuse de Ter Brugghen a été acquis par la National Gallery de Washington


Hendrick Ter Brugghen (1588-1629)
Joueur de cornemuse de profil, 1624
Huile sur toile - 101 x 83 cm
Washington, National Gallery of Art
Photo : Sotheby’s

13/3/09 – Acquisition – Londres, Tate Britain – Lors de la vente Sotheby’s du 30 janvier dernier à New York (voir brève du 31/1/09), où le Metropolitan a acquis le Portrait de Benoît XIV de Subleyras (voir précédente brève), le Joueur de cornemuse de profil du caravagesque utrechtois Hendrick Ter Brugghen (ill.) avait fait sensation en étant adjugé au prix record de $10 162 400. L’acquéreur de cette œuvre splendide n’est autre que la National Gallery de Washington, grâce à l’aide de deux mécènes du musée, Greg and Candy Fazakerley. Il s’agit du premier tableau de l’artiste à entrer dans ses collections.

Un autre Joueur de cornemuse par Terbrugghen, également daté de 1624, et sans doute peint d’après le même modèle que celui-ci, est conservé à l’Ashmolean Museum d’Oxford.
La représentation de musiciens à mi-corps est très fréquente chez Ter Brugghen comme chez la plupart des peintres caravagesques. Au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, le Joueur de luth, dont on connaît plusieurs versions, a des dimensions proches de celui-ci et est également daté de 1624, tout comme celui de la National Gallery de Londres ou encore le tableau réapparu en 1986 représentant un Joueur de luth pointant du doigt1, qui pourrait être le pendant du tableau de Washington. Le Duo du Louvre est de 1628.

Jusqu’à l’année dernière, ce Joueur de cornemuse de profil faisait la gloire du Wallraf-Richartz-Museum de Cologne qui l’avait acquis aux enchères en 1938. Il provenait de la collection du Dr Herbert von Klemperer obligé de le mettre en vente en raison des persécutions raciales. L’œuvre a été restituée à ses héritiers en juillet 2008.
Avec le Metropolitan Museum ou le Los Angeles County Museum of Art, la National Gallery de Washington est l’un des musées américains dont les acquisitions de peinture ancienne sont les plus remarquables. On peut néanmoins regretter que le Wallraf n’ait pu racheter cette œuvre qui manquera désormais à ses collections. Ce cas de figure est bien trop fréquent. Il n’est pas question de discuter la légitimité des restitutions mais, celles-ci se multipliant, on assiste presque toujours au même déroulé d’événements, extrêmement rapide : l’œuvre est rendue à ses légitimes propriétaires et passe en vente dans la foulée sans que le musée d’origine puisse la racheter. Les contre-exemples sont extrêmement rares (voir cependant nos brèves du 3/10/08, 20/4/07 ou 11/10/05...)


Didier Rykner, vendredi 13 mars 2009


Notes

1. Huile sur toile, 101 x 83 cm, Suisse, collection particulière.


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