
1. Edouard Vuillard (1868-1940)
Les Lilas, 1899-1900, retravaillé
par l’artiste en 1908
Colle sur toile - 240 x 154,3 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Christie’s Paris
23/2/09 – Acquisitions – Paris, musée d’Orsay et musée national d’Art moderne – Trois préemptions des musées français ont eu lieu lors de la première vente Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé consacrée à l’art impressionniste et moderne1.
Orsay s’est porté acquéreur de deux lots. Le premier est une toile d’Edouard Vuillard, Les Lilas (ill. 1), pour la somme de 320 000 € hors frais. Ce grand panneau décoratif fait partie d’une série de trois qui furent commandées à Vuillard par le Prince Emmanuel Bibesco et présentées en 1908 à la première exposition personnelle de l’artiste, organisée par la galerie Bernheim-Jeune.
Vuillard remania profondément la composition en 1908 : à gauche, à l’arrière-plan, on pouvait voir la figure de Félix Vallotton qu’il remplaça par deux personnages non identifiés. Au premier plan, à droite, il conserva le portrait Misia, l’épouse de Thaddée Natanson, fondateur de la Revue Blanche.
Les deux autres panneaux de cet ensemble appartiennent également à Orsay L’Allée y est exposée tandis que La Meule est aujourd’hui déposée au Musée des Beaux-Arts de Dijon.

2. James Ensor (1860-1949)
Au Conservatoire, 1902
Huile sur toile - 56 x 71,5 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Christie’s Paris

3. Giorgio de Chirico (1888-1978)
Il Ritornante, 1917
Huile sur toile - 94 x 77,9 cm
Paris, Musée national d’Art moderne
Photo : Christie’s Paris
© ADAGP
Second tableau à venir enrichir le Musée d’Orsay (pour 480 000 € sans les frais), Au Conservatoire de James Ensor (ill. 2). Il ne conservait jusqu’ici qu’une seul toile de ce peintre, La dame en détresse, d’une date beaucoup plus précoce (1882) et d’un style fort différent. Ensor représente ici, dans une manière satyrique et caricaturale, des musiciens et des choristes appartenant au Conservatoire Royal de Bruxelles. Ils interprètent la Walkyrie de Wagner sous le portrait du compositeur qui se bouche les oreilles, ne semblant guère apprécier cette interprétation de son œuvre. Les contemporains pouvaient reconnaître des musiciens célèbres : le violoniste Eugène Ysaye, le créateur du premier ensemble de clarinettiste, Gustave Poncelet et, au centre, en diva, la professeur de chant Cornelis Servais.
Il s’agit incontestablement d’un tableau digne d’entrer à Orsay. On pourra cependant regretter un peu Le Désespoir de Pierrot, grand chef-d’œuvre d’Ensor qui était vendu dans la même vacation, à un prix (4 400 000 € sans les frais) qui dépassait sans doute les capacités du Musée d’Orsay où il venait d’être exposé dans le cadre de l’exposition Masques (voir la recension).
Beaubourg a, pour sa part, préempté pour 9,8 millions d’euros Il Ritornante (ill. 3), une œuvre très importante de Giorgio de Chirico, peinte à Ferrare en 1917. Son interprétation est complexe et nous nous contenterons de renvoyer à la notice du catalogue qui l’explique de manière détaillée. Ce tableau a fait partie de la collection de Jacques Doucet.

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