L’installation illégale de Clara-Clara dans le jardin des Tuileries


1. Vue de Clara-Clara, de Richard Serra,
dans le jardin des Tuileries
Photo : D. Rykner, le 18 février 2009

18/2/09 – Patrimoine – Paris, Jardin des Tuileries – Installée en avril 2008 aux Tuileries à l’occasion de l’exposition Monumenta au Grand Palais, la gigantesque sculpture en acier Clara-Clara, de Richard Serra, occupe illégalement les lieux depuis le début du mois de novembre 2008.

Il était en effet prévu dès le départ que l’autorisation d’exposer cette œuvre dans un lieu qu’elle écrase de sa masse n’était que temporaire, et il n’a jamais été question qu’elle reste définitivement à cet emplacement malgré le souhait non dissimulé de l’artiste. Rappelons d’ailleurs qu’elle n’a pas été réalisée pour les Tuileries, contrairement à ce qu’on affirme souvent, mais pour une exposition à Beaubourg en 1983. Le sol du Centre Pompidou s’avérant trop fragile pour supporter cette masse d’environ 50 tonnes, elle avait alors été présentée dans ce jardin, ce qui avait à l’époque fait débat. Après un déplacement dans un square du XIIIe arrondissement, Clara-Clara avait été finalement reléguée au dépôt des œuvres d’art de la Ville de Paris, à qui elle appartient. Les dimensions de ces deux plaques de métal courbe (32 m), volontairement rouillées, rendent son exposition difficile.

2. Vue de Clara-Clara, de Richard Serra,
dans le jardin des Tuileries
Photo : D. Rykner, le 18 février 2009

3. Vue de Clara-Clara, de Richard Serra,
dans le jardin des Tuileries
Photo : D. Rykner, le 18 février 2009


Le musée du Louvre, qui administre les Tuileries, n’est pas en cause, ni la ministre de la Culture qui a envoyé une lettre au maire de Paris pour demander à celui-ci de d’enlever la sculpture, comme cela était convenu1. La présence de la grande roue sur la place de la Concorde (un autre scandale, récurrrent celui-ci) rendant difficile cette opération, il avait été convenu que Clara-Clara quitterait les lieux fin janvier. Or, mercredi 18 février, les murs d’acier étaient toujours en place comme le prouvent nos photos, défigurant un des lieux les plus célèbres de la capitale2. Les relations quelque peu tendues entre le ministère et la ville de Paris, dont ont témoigné récemment les échanges sur l’Hôtel Lambert, ne doivent pas être prétexte à laisser pourrir une situation qui constitue une infraction caractérisée à la loi sur les monuments historiques. Bertrand Delanoë doit respecter ses engagements, ou l’Etat l’obliger à le faire.

P.S. Clara-Clara a été retiré du jardin des Tuileries quelques semaines après la parution de cet article.


Didier Rykner, mercredi 18 février 2009


Notes

1. Le Louvre et le ministère de la Culture n’auraient cependant jamais dû accepter le retour de cette sculpture aux Tuileries qui avait été proposée par la direction du Musée National d’Art Moderne.

2. Rappelons qu’évidemment le jardin des Tuileries est classé monument historique.


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