Un tableau de François de Nomé acquis par le Musée de Metz


1. François de Nomé (1592/1593-1623/1624 ?)
Vue de Metz avec la Déploration ou
Vue de Jérusalem avec la Déploration
Huile sur toile - 75 x 101,5 cm
Metz, Musées de la Cour d’Or
Photo : Musées de la Cour d’Or

7/11/07 – Acquisitions – Metz, Musées de la Cour d’Or – Il y a trois ans, le Musée de Metz avait consacré une exposition aux peintres longtemps connus sous le nom générique de « Monsu Desiderio », François de Nomé et Didier Barra, et dont les œuvres respectives sont maintenant suffisamment connues pour que la confusion ne puisse plus être entretenue (voir notre article).

Aujourd’hui, l’une des toiles présentées à l’exposition (elle était alors conservée dans une collection particulière messine) vient d’être acquise par le musée auprès de la galerie Jean-François Heim à Paris. Il s’agit d’une Vue de Metz où la ville est représentée comme s’il s’agissait de Jérusalem, les deux larrons crucifiés et le Christ descendu de la Croix étant visibles au premier plan à gauche. Si Didier Barra s’était fait une spécialité de ces vues panoramiques à mi-chemin entre les vedute et les plans topographiques, il s’agit ici d’une œuvre de François de Nomé dont on reconnaît la manière bien typique de représenter les monuments.
Le musée de Metz conservait jusqu’à aujourd’hui seulement deux œuvres de François de Nomé : La destruction du Caire et Daniel dans la fosse aux lions.

2. Est de la France, vers 1450-1460
Ange de l’Annonciation
Calcaire de Jaumont
Metz, Musées de la Cour d’Or
Photo : Musées de la Cour d’Or

Une seconde acquisition a été réalisée cette année par le musée, un Ange de l’Annonciation (ill. 2). Cette sculpture : « partage plusieurs traits stylistiques - en particulier le type de chevelure sculptée au trépan - avec un Saint Jean provenant d’Ars-sur-Moselle, déposé par le musée national du Moyen Âge aux musées de Metz, ainsi qu’avec un Saint Sébastien découvert à Metz, entré dans les collections des musées en 1886 et un second Saint Jean acquis en 2002. Elle est également proche d’un groupe de statues de Vierge à l’Enfant désigné par Helga D. Hofmann [1] comme groupe "de l’atelier des Madones de Metz", en référence notamment à la Vierge à l’Enfant de Vic-sur-Seille » selon Anne Adrian.

Signalons que cette dernière, naguère conservateur au Musée de Moulins (voir brève du 8/7/04), a pris, au mois de mars, le poste de « responsable scientifique des musées de Metz », aidée d’un autre conservateur en charge des collections archéologique (Olivier Caumont, qui prendra son poste au mois de novembre) et d’un attaché de conservation, Raphaël Mariani, arrivé depuis un an. Depuis une dizaine d’années en effet, les musées de Metz n’ont plus à leur tête un conservateur, mais un administrateur. Il s’agit de Daniel Lucas en fonction depuis 2002. Celui-ci, qui nous a aimablement renseigné sur cette configuration, nous a assuré ne pas intervenir dans les décisions scientifiques, ce dont nous lui faisons volontiers crédit. Il reste que cette situation peu connue montre que la pratique dont nous parlons régulièrement, et qui consiste à éliminer les conservateurs de la direction des musées, a trouvé à Metz une application précoce.

English version


Didier Rykner, mercredi 7 novembre 2007


Notes

[1] H. D. Hofmann, Die lothringische Skulptur der Spätgotik, Sarrebruck, 1962.



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