
Ecole lombarde
Christ au jardin des oliviers, vers 1580-1600
Grisaille sur cuivre - 110 x 80 cm
Paris, Musée du Louvre
24/11/03 - Restauration - Paris, Musée du Louvre - Acheté en 1822 par la Maison du Roi, sous Louis XVIII, comme Beccafumi, dans un lot de 13 tableaux, le Christ au jardin des oliviers, devenu totalement illisible à cause des vernis anciens, avait été classé au rebut. Il fut sauvé in-extremis après la guerre par Sylvie Béguin, alors que des ouvriers du musée s’apprêtaient à le transformer en présentoir. L’œuvre vient d’être raccrochée dans la Grande Galerie [1], après dix ans d’une longue et minutieuse restauration.
La taille du support de cuivre, de plus d’un mètre, et sa technique en pointillés sont exceptionnelles [2], ce qui explique la durée de la réintégration [3]. Son apparence fait penser aux plaques de gravures ou aux nielles, plus qu’à une peinture. On n’est d’ailleurs pas complètement sûr qu’il s’agisse d’une œuvre originale, mais peut-être d’une dérivation (ou du modèle) d’une gravure.
Par son style proche de ce que Zeri a qualifié d’« arte senza tempo » [4], par son ambiguïté visuelle et technique, par sa recherche de clair-obscur [5] et sa « morbidezza » [6], ce tableau semble appartenir au maniérisme de la Contre-Réforme lombarde et a été rapproché de l’entourage de Giovanni Paolo Lomazzo. Très marquée par le luminisme de la Prière au jardin des oliviers de Corrège (Londres, Apsley House), l’école lombarde, sous la ferveur des prêches de saint Charles Borromée, a développé ce thème à de très nombreuses reprises (Simone Peterzano, Morazzone, Francesco del Cairo).
Source : de nombreuses informations contenues dans cet article proviennent du dossier sur l’œuvre conservé au Service d’Etude et de Documentation des peintures du Musée du Louvre, dirigé par Jacques Foucart.
