Un tableau d’Ary Scheffer pour Grenoble


1. Ary Scheffer (1795-1858)
Figure d’ange représentant Mademoiselle
de Montblanc après sa mort

Huile sur toile - 81 x 160 cm
Grenoble, Musée
Photo : Stéphane Grodée

2/5/07 – Acquisition – Grenoble, Musée – La Société des Amis du Musée de Grenoble vient de faire don d’un tableau d’Ary Scheffer : Figure d’ange représentant mademoiselle de Mont-Blanc après sa mort, acquis chez Stéphane Grodée, à Amiens. On ne sait pas précisément qui est cette jeune fille, Mademoiselle de Montblanc, dont la mère fut, selon Léo Ewals, portraiturée par l’artiste1 (tableau perdu). On ne sait pas non plus quelle fut la cause de sa mort, ni son âge. Elle semble, sur cette peinture, ne pas avoir plus d’une quinzaine d’années.

2. Henri Lehmann (1814-1882)
Autoportrait en dominicain
jouant de l’orgue

Gravure
Photo : D. R.

La forte mortalité infantile au XIXe siècle, combinée à une nouvelle sensibilité, a été l’occasion d’une multitude de représentations d’enfants trop précocement disparus, volant dans l’azur, en route vers un monde meilleur2. Parfois, l’enfant (également symbole de l’âme) est emporté par un ange3. Dans d’autres cas, comme ici, c’est le jeune disparu lui-même qui devient un ange. Encore Mademoiselle de Montblanc n’a-t-elle pas d’ailes, contrairement par exemple aux deux fillettes d’Henri Lehmann, mortes en bas âge, qu’il représente dans un Autoportrait en dominicain jouant de l’orgue (ill. 2).

Le tableau acquis par Grenoble ne fut pas présenté au Salon, mais il figura dans l’exposition rétrospective de l’artiste organisée en 1859 après sa mort. Il possède encore son cadre original qui, comme c’est souvent le cas au XIXe siècle (cette pratique se poursuivra jusqu’au Symbolisme), possède une inscription servant de commentaire. On peut y lire « Sa mémoire est comme un parfum ».


Didier Rykner, mercredi 2 mai 2007


Notes

1. Leo Ewals, Ary Scheffer, sa vie, son œuvre, Nimègue, 1987.

2. Sur ce sujet, voir : Bruno Foucart et Didier Rykner, « L’Ange et l’Enfant, iconographie d’un thème romantique sous l’inspiration de Jean Reboul », Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art français, Année 2003, p. 257-282.

3. Un tableau d’Octave Tassaert, L’Ange et l’Enfant, publié dans l’article cité ci-dessus et reproduisant ce sujet, vient d’être acquis par le Musée Fabre de Montpellier (brève à venir).



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