Trois tableaux du Musée de Pau restaurés grâce à la Fondation BNP-Paribas


11/4/07 – Restaurations – Pau, Musée des Beaux-Arts – Décidément très active, la Fondation BNP-Paribas a aidé (pour 30.000 €) à la restauration de trois œuvres du XVIIe siècle appartenant au Musée des Beaux-Arts de Pau. Deux d’entre elles, un Départ de Tobie attribué avec beaucoup de vraisemblance à Francisque Millet (ill. 1) et une Adoration du Veau d’or de Gerard Hoet (ill. 2), font partie du legs La Caze, qui sera très prochainement le sujet d’une exposition au Louvre1. La Caze étant originaire du Béarn, Pau fut la ville de province qui reçut le plus d’œuvres (30) en dépôt après l’entrée de cette collection au Louvre en 1669. La troisième toile est une Prédication de saint Jean-Baptiste (ill. 3) qui provient des collections de Louis XIV.

1. Attribué à Jean-François, dit
Francisque Millet (1642-1679)
Le départ de Tobie
Huile sur toile - 142 x 232 cm
Pau, Musée des Beaux-Arts
Photo : Jean-Christophe Poumeyrol /
Musée des Beaux-Arts de Pau

2. Gérard Hoet (1648-1733)
L’Adoration du Veau d’or
Huile sur toile - 137 x 200,6 cm
Pau, Musée des Beaux-Arts
Photo : Jean-Christophe Poumeyrol /
Musée des Beaux-Arts de Pau


Les trois tableaux, restaurés par le C2RMF, ont fait l’objet d’une intervention minimale sur le support, mais importante sur la couche picturale. Ils souffraient de problèmes comparables : repeints et vernis jaunis et encrassés. Le Millet, un paysage classique issu de la tradition de Poussin, de Claude Lorrain et surtout de Gaspard Dughet, est assez usé et a dû subir de nombreuses réintégrations suite à des pertes de matière.
Le tableau de Gérard Hoet, une composition rappelant bien sûr le même sujet traité par Poussin, mais dans une veine beaucoup plus triviale, s’est révélé être dans un excellent état de conservation. L’état de ses vernis rendait l’œuvre complètement illisible et inexposable. On pourrait imaginer à sa vue que l’artiste se rendit en Italie, alors qu’il n’a pas quitté sa Hollande natale. Son italianisme lui a été transmis par l’exemple de Gérard de Lairesse auquel cette toile fait beaucoup penser.
Enfin, le Carlo Maratta, est également assez usé, particulièrement dans certaines figures féminines. Il reste, après sa restauration, un tableau très important d’un des artistes majeurs de la seconde moitié du XVIIe siècle romain.

3. Carlo Maratta (1625-1713)
La Prédication de saint Jean-Baptiste
Huile sur toile - 91 x 100 cm
Pau, Musée des Beaux-Arts
Photo : Jean-Christophe Poumeyrol /
Musée des Beaux-Arts de Pau

Cette action de mécénat a montré la voie à la municipalité paloise en lui faisant prendre conscience de l’importance des restaurations pour la mise en valeur des œuvres. Elle a accordé un budget supplémentaire de 50.000 € pour financer de nouvelles restaurations, ce qui constitue un effet directement induit par le mécénat.
Il faut souhaiter que le Musée des Beaux-Arts de Pau puisse bénéficier dans un proche avenir de la création, prévue mais toujours reportée, d’une grande médiathèque qui permettrait de libérer le bâtiment jumeau, adjacent, qui contient aujourd’hui la bibliothèque municipale. Cet ensemble de deux édifices, d’une belle architecture des années 1930, permettrait à cet établissement de redéployer ses collections, de créer un véritable espace d’exposition et tous les espaces d’accueil du public indispensables à un musée moderne.


Didier Rykner, mercredi 11 avril 2007


Notes

1. Celle-ci viendra ensuite sous une forme réduite à Pau.


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