Exposition sur le XIXe siècle à la galerie Talabardon & Gautier


1. Henri Lehmann (1814-1882)
Portrait de la comtesse Eugène
Huet de Froberville
, 1851
Huile sur toile - 122 x 105 cm
Paris, galerie Talabardon & Gautier
Photo : galerie Talabardon & Gautier

8/12/06 – Marché de l’art – Paris – Jusqu’au 23 décembre, la galerie Talabardon-Gautier à Paris présente sa huitième exposition consacrée au XIXe siècle français. Chaque année, à la même époque, est publié un catalogue comprenant des notices scientifiques [1] et qui, au fil du temps, ont constitué une documentation intéressante pour l’histoire de l’art, en publiant des œuvres la plupart du temps inédites, parfois réattribuées.

Cet accrochage 2006 permet, au milieu de paysages (Louis-Auguste Lapito, Claude Bonnefond, Eugène Lavieille, ....) et de scènes de genre (François Bonvin, Ernest Meissonnier,...) de découvrir un ensemble de portraits peints ou dessinés.
Le plus important est une toile d’Henri Lehmann (ill. 1), exposée au Salon de 1852, qui était jusqu’à aujourd’hui de localisation inconnue [2]. Le fonds de couleur olive se retrouve dans d’autres tableaux de Lehmann (voir brève du 12/5/06) et éloigne l’artiste des prototypes ingresques. La facture de ce tableau, la physionomie mélancolique du modèle et, surtout, la manière de faire les yeux, larges et intenses, rapprochent le tableau de certains de ses portraits les plus originaux, tel celui de la princesse Belgiojoso, malgré une pose plus ordinaire.


2. Antoine-Jean, baron Gros (1771-1835)
Portrait d’Auguste-Hyacinthe Debay
Huile sur toile - 27,3 x 21,6 cm
Paris, galerie Talabardon & Gautier
Photo : galerie Talabardon & Gautier

3. Auguste-Hyacinthe Debay (1804-1865)
Portrait d’Augustin Dumont, 1829
Mine de plomb - 24,4 x 19 cm
Paris, galerie Talabardon & Gautier
Photo : galerie Talabardon & Gautier


Un portrait dessiné, presque contemporain puisqu’il date de 1852, est dû à l’ami-rival de Lehmann, Théodore Chassériau. Il représente la baronne Juan de Silveira. On notera aussi deux œuvres ayant un rapport avec le peintre et sculpteur Auguste-Hyacinthe Debay. L’un est un portrait peint de cet artiste par son maître, le baron Gros (ill. 2), l’autre est un dessin (ill. 3) de Debay représentant le sculpteur Augustin Dumont (1801-1884).

4. Portier (début du XIXe siècle)
Le spectre du Broken
Aquarelle, encre de chine - 38,5 x 30,2 cm
Paris, galerie Talabardon & Gautier
Photo : galerie Talabardon & Gautier

Notons enfin un dessin fort curieux (ill.4 ), dû à un dénommé Portier (on n’en sait pas plus sur celui-ci), et représentant l4a conjuguaison de deux phénomènes atmosphériques fort rares, le spectre du Broken et le cercle d’Ulloa. Tous deux se produisent, comme l’arc-en-ciel, à l’opposé du soleil. Le premier produit une « ombre » gigantesque reproduisant la forme de l’observateur tandis que le second consiste en un ensemble de cercles concentrique projetés dans le ciel. Tout aussi romantique et fantastique, Les Nuages d’Elodie, de Louis Daguerre est une scène de vision macabre préparartoire à un décor de théâtre pour un mélodrame de Victor Ducange, Elodie.

Galerie Talabardon & Gautier, 134, faubourg St-Honoré, 75008 Paris. Tél : 01 43 59 13 57


Didier Rykner, vendredi 8 décembre 2006


Notes

[1] Ecrites en collaboration avec Isabelle Mayer-Michallon.

[2] Cf. Marie-Madeleine Aubrun, Henri Lehmann, 1814-1882, catalogue raisonné de l’œuvre, 1984, n° 381.



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