Deux tableaux de Jacques Stella entrent au Musée des Beaux-Arts de Lyon


1. Jacques Stella (1596-1657)
La Sainte Famille visitée par sainte Elisabeth,
Zacharie et saint Jean-Baptiste ;
Dieu le Père, le Saint-Esprit et des angelots portant les
instruments de la Passion

Huile et or sur cuivre - 35,6 x 26,4 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

15/11/06 – Aquisitions – Lyon, Musée des Beaux-Arts – La très belle exposition Jacques Stella, inaugurée aujourd’hui et qui ouvrira ses portes au public le 17 novembre au Musée des Beaux-Arts de Lyon (voir la recension), est l’occasion pour celui-ci de dévoiler ses deux plus récentes acquisitions, deux tableaux de ce peintre français du XVIIe siècle.

Le premier (ill. 1) est passé en vente, sous l’attribution « Ecole Sévillane, vers 1630 », le 28 avril 2006 chez Christie’s Londres où Lyon a pu s’en porter acquéreur. L’œil aiguisé de Pierre Rosenberg y avait reconnu une œuvre du maître. Ce cuivre (un support souvent utilisé par l’artiste) est le premier tableau de la période italienne de Stella, probablement peint à Rome où il vécut entre 1623 et 1634, à entrer dans les collections du musée. Le sujet est très rare, puisqu’il combine la rencontre des familles de saint Jean-Baptiste et du Christ avec la vision par ce dernier de sa Passion future, symbolisée par des angelots porteurs des instruments de son martyre1. On admirera tout à la fois la composition savante et le raffinement extrême des coloris, notamment avec l’utilisation de la peinture à l’or, une technique que l’artiste employa fréquemment.

2. Jacques Stella (1596-1657)
Sémiramis appelée au combat, 1637
Huile sur ardoise - 36,1 x 53,5 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

Le Musée de Lyon s’est enrichi du second tableau (ill. 2) il y a seulement quelques jours (cette précision n’est pas encore connue du catalogue de l’exposition). Il a été acheté auprès du galeriste lyonnais Michel Descours. Non moins beau que le précédent, il est peint cette fois sur ardoise, autre support apprécié de l’artiste. Il représente le moment où la reine Sémiramis, apprenant la révolte de Babylone, montre sa chevelure en jurant de ne pas terminer sa toilette avant d’avoir maté la rébellion. On peut apprécier une nouvelle fois dans cette œuvre la grande délicatesse de coloris de Stella. Les femmes de la suite de Sémiramis sont d’un type habituel chez l’artiste, qu’on retrouve par exemple dans Clélie passant le Tibre du Louvre, comme le remarque justement la notice du catalogue.


Didier Rykner, mercredi 15 novembre 2006


Notes

1. Le thème des anges portant les instruments du martyre du Christ est assez fréquent : voir par exemple la brève du 8/11/06.



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