La médiathèque du patrimoine en danger


18/5/06 – Patrimoine – Paris – La médiathèque de l’architecture et du patrimoine conserve les archives du patrimoine français depuis 1830 jusqu’à aujourd’hui. Son fonds comprend des dossiers (en particulier tous ceux relatifs au classement et à l’inscription), plans et photographies concernant les monuments historiques, l’archéologie, les objets mobiliers, les études urbaines... Il est également constitué d’une bibliothèque spécialisée dans le domaine du patrimoine, de l’architecture et des arts décoratifs de plus de 40.000 volumes et 1.300 périodiques français et étrangers. La médiathèque est ouverte au public. Ce centre de documentation absolument indispensable est aujourd’hui situé dans le Marais, rue du Parc-Royal, à proximité du Musée Carnavalet et de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, dans un lieu d’accès commode pour les chercheurs, français comme étrangers.

Or, son personnel s’inquiète aujourd’hui, à juste titre, de la vente des bâtiments qui l’abritent, les hôtels de Croisilles et de Vigny, imposé par le Ministère des Finances à celui de la Culture et qui doit être effectif d’ici la fin de 2006. Aucune solution alternative de relogement n’existe et il faut craindre, bien entendu, soit une délocalisation loin du centre de Paris, impraticable pour les utilisateurs, ou même une mise en caisse plus ou moins longue.

On peut s’interroger légitimement : pour reloger cette institution dans les mêmes conditions, il faudrait de toute façon acquérir (ou louer) un nouvel immeuble au centre de Paris, aménager les nouveaux locaux, déménager le fonds, et ceci dans un laps de temps réduit. Quelles seraient les économies ainsi réalisées et l’intérêt d’une telle opération. Il faut craindre qu’une vente de ces bâtiments ne soit le prémice d’une disparition plus ou moins programmée de cette médiathèque. La solution la plus sage serait assurément de ne rien changer [1].


Didier Rykner, jeudi 18 mai 2006


Notes

[1] Une pétition a été lancée, qui réclame, si la vente devait être effective :
- la garantie de l’unité intrinsèque de ces fonds dans un lieu unique disposant de locaux aux normes de conservation en vigueur, d’une salle de lecture, de bureaux, d’espaces de réunions, de conférences et d’expositions.
- une solution de relogement dans un lieu assurant un accès comparable à la situation actuelle pour la Médiathèque comme pour les fondations et les associations touchées par cette mesure.



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