Souscription pour la restauration d’un tableau de Thomas Couture


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Thomas Couture
L’Enrôlement des volontaires de 1792, vers 1848
Huile sur toile - 480 x 915 cm
Beauvais, Musée départemental de l’Oise
Photo : Musée départemental de l’Oise

30/9/14 - Mécénat - Beauvais, Musée départemental de l’Oise - On cherche des volontaires pour financer le sauvetage d’autres volontaires, ceux qui s’enrôlèrent en 1792 et que peignit Thomas Couture en 1848.
Il s’agit d’intervenir sur la couche picturale et de donner un nouveau support à la toile, un châssis adapté à ses dimensions monumentales1. Pour ce faire, le Musée de l’Oise lance une souscription, dans l’espoir de réunir 10 000 euros avant le 31 octobre 2014. Le coût total de la restauration est estimé à 80 000 euros, dont 46 000 sont assurés par le Conseil général de l’Oise et 24 000 par le ministère de la Culture (DRAC Picardie). Il est possible de faire un don sur internet ou par chèque. La peinture sera présentée à l’occasion de la réouverture du musée début 2015, fermé au public pour rénovation depuis plusieurs années.

Couture présente ici un peuple uni contre l’ennemi prussien : nobles et ouvriers, hommes et femmes brandissant leur nouveau-né, marchent côte à côte. La composition est marquée par deux axes : une pyramide de figures guide le regard verticalement, couronnée en son sommet par des soldats volontaires venus signer leur engagement, sous l’ inscription « la Patrie en danger », tandis qu’une frise de personnages au premier plan, dans la partie inférieure, évolue énergiquement vers la droite, encouragée par deux allégories sous les traits de femmes ailées. « Où vont-ils ? Là-bas, à la frontière ! Ils sont tous unis dans le même esprit ; ils veulent l’égalité : prêtres, laboureurs, ouvriers vont au même but, ils partent pour défendre la patrie en danger ! [...] du sein de la foule surgit la génération à venir. », écrit lui-même Thomas Couture
Peint au moment de la Révolution de 1848 et l’avènement de la Seconde République, et peut-être destiné à orner les murs l’Assemblée nationale, le tableau resta pourtant inachevé2. Couture l’explique par le changement de régime et le coup d’État de Napoléon Bonaparte, qui suspendit la commande, malgré les propositions du peintre d’apporter des modifications et notamment de supprimer la figure centrale portant un drapeau tricolore. On peut cependant constater que l’artiste laissa un certain nombre de toiles inachevées tout au long de sa carrière.

L’appel au mécénat participatif devient, si l’on peut dire, monnaie courante : on utilise ce moyen pour acquérir des œuvres, on passe désormais par lui pour les restaurer. Or la restauration fait partie, plus encore que l’enrichissement des collections, de la mission primordiale d’un musée. Espérons que ce type de financement ne supplantera pas tous les autres, qu’il n’encouragera pas l’État à se désengager, et que le public ne se lassera pas de mettre la main à la poche.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 30 septembre 2014


Notes

1Remarquons tout de même qu’avant la fermeture du bâtiment principal du musée pour des raisons structurelles (le premier étage rouvrira, enfin, fin janvier, soit quinze ans plus tard) et le roulage du tableau qui a suivi, celui-ci avait un châssis...

2Une exposition a été organisée en 1989 sur L’Enrôlement des Volontaires avec un catalogue sous la direction de Marie-José Salmon.





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