Soufflot, un architecte dans la lumière Contenu abonnés


Paris, Panthéon, du 11 septembre au 24 novembre 2013

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1. Louis-Michel Van Loo (1707-1771)
Portrait de Jacques-Germain Soufflot, 1767
Huile sur toile - 77 x 60 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMNGP/Christian Jean
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Architecte des Lumières et de la clarté qu’il laissait entrer dans ses monuments, Jacques-Germain Soufflot (1713-1780) fut un autodidacte qui n’était ni ancré à Paris, ni introduit à Versailles ; il devint pourtant un maître incontournable, rival du premier architecte du roi, Ange-Jacques Gabriel (ill. 1). Et si l’on a fait de lui le héraut de l’architecture néo-classique, son œuvre se montre plus nuancé, puisant aux sources de l’Antiquité, de la Renaissance, mais aussi du Moyen-Âge. Bien qu’il ne fût guère prolifique, chacune de ses réalisations est importante, comme le rappelle Alexandre Gady commissaire de l’exposition qui lui est consacrée à l’occasion du tricentenaire de sa naissance.

L’architecture n’est jamais facile à exposer, néanmoins le sujet est ici traité de manière vivante et claire grâce à la variété des œuvres réunies – dessins, gravures, maquettes, sculptures et peintures – accompagnées de cartels détaillés. Le lieu de cette rétrospective fait partie intégrante du parcours puisqu’il s’agit du Panthéon, ancienne église Sainte-Geneviève, chef-d’œuvre de Soufflot. C’est aussi l’occasion de voir des projets dessinés qui ne furent jamais réalisés ou pas forcément comme l’architecte l’aurait voulu, en témoigne l’Hôtel-Dieu de Lyon dont l’achèvement fut confié à l’un de ses élèves, Toussaint Loyer qui modifia le profil de la courbe du dôme ; Soufflot le regretta et fit graver par Poulleau une élévation indiquant en pointillé la courbe prévue à l’origine. Aucun catalogue d’exposition n’est prévu pour compléter le propos, un manque plus que regrettable, d’autant que certaines œuvres sont inédites ; l’on pourra cependant consulter la monographie de Jean-Marie Pérouse de Montclos parue en 2003.
Bien sûr, le parcours à la fois thématique et chronologique fait la part belle à l’histoire de l’église, mais il retrace aussi toute la carrière de cet architecte originaire de Bourgogne, que son père destinait à une carrière juridique ; il se défila et partit pour Rome où il séjourna à l’Académie de France de 1733 à 1738 sans avoir remporté le grand prix. Il reviendra en Italie en 1750, accompagnant Abel Poisson, frère de la marquise de Pompadour, futur marquis de Marigny et directeur des Bâtiments du roi. Lors de ces séjours transalpins, Soufflot étudia aussi bien Saint-Pierre de Rome que les temples grecs de Paestum dont l’ordre dorique se retrouve dans nombre de ses édifices.

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2. Façade principale de la Loge du Change à Lyon, XXe siècle ?
Maquette en bois, papier, cartons et verre
Lyon, Musée Gadagne
Photo : D.R.
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Entre ces deux voyages, il s’installa à Lyon1 et s’y fit rapidement un nom, grâce à des commandes publiques prestigieuses : la façade de l’Hôtel-Dieu qu’il conçut en 1739, la Loge du Change qu’il remania en 1748-1750…

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