Sept dessins offerts au Louvre sous réserve d’usufruit


2/2/18 - Acquisitions - Paris, Musée du Louvre - En 2007, un donateur souhaitant rester anonyme offrait douze dessins au Louvre sous réserve d’usufruit (voir la brève du 29/9/07). Le même collectionneur vient de réitérer son geste en offrant cette fois sept feuilles, par l’intermédiaire de la Société des Amis du Louvre et en l’honneur de Pierre Rosenberg et de Louis-Antoine Prat.


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1. France, vers 1680-1700
Sainte tenant un cœur ardent, couronnée
par un angelot qui lui apporte la palme du
martyre avec la mosquée Süleymaniye à l’arrière-plan

Plume et encre noire, lavis gris et brun et
rehauts de gouache blanche - 21,4 x 17,4 cm
Paris, Musée du Louvre (don sous réserve d’usufruit)
Photo : RMN-GP/M. Urtado
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- France, vers 1680-1700 (ill. 1), Ce dessin, manifestement français et datant de la fin du XVIIe siècle, est entré comme anonyme au Louvre. Il nous semble cependant possible de l’attribuer à Claude Simpol, en comparaison avec un dessin récemment acquis par le Musée des Beaux-Arts de Rennes (voir la brève du 4/6/13) figurant Notre-Dame des Orages. Malgré la différence de technique, on retrouve des drapés similaires, tandis que les figures, notamment les putti de chaque feuille, sont très comparables. Nous avons soumis notre idée - qui reste, pour l’instant, une hypothèse - à Guillaume Kazerouni qui la trouve « tout à fait possible » et l’a également comparé à une Sainte Barbe qu’il avait publiée dans le catalogue de l’exposition consacrée en 2011 aux dessins français du musée de Grenoble (voir l’article).


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2. Louis Masreliez (1747 ou 1748-1810)
Le Repos de la sainte Famille
Plume et encre brune, rehauts de lavis brun - 21,8 x 20,2 cm
Paris, Musée du Louvre (don sous réserve d’usufruit)
Photo : RMN-GP/M. Urtado
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- Louis Masreliez (1747 ou 1748-1810), Le Repos de la sainte Famille (ill. 2). Masroliez, bien que né en France, arriva en Suède très tôt avec son père Jacques Adrien Marsolier, sculpteur ornemaniste qui travailla notamment au Palais Royal de Stockholm (deux dessins de sa main sont conservés à l’École des Beaux-Arts). Il voyagea en Italie en 1770-1773, où ce dessin fut exécuté1
Louis Masroliez étudia le dessin et la peinture à Stockholm. Ses œuvres se trouvent essentiellement en Suède. Son frère, Jean-Baptiste, fut sculpteur comme leur père.


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3. Guillaume Boichot (1735-1814)
Frise de faunes et de bacchantes d’après un bas-relief antique
Plume et encre noire et grise, lavis gris - 18,2 x 31,2 cm
Paris, Musée du Louvre (don sous réserve d’usufruit)
Photo : RMN-GP/M. Urtado
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- Guillaume Boichot (1735-1814), Frise de faunes et de bacchantes (ill. 3). Le sculpteur Boichot reproduit ici un bas-relief antique.


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4. Jean-Baptiste Regnault (1754-1829)
Dieu séparant la lumière des ténèbres
Plume et encre brune, lavis brun - 18,3 x 13,8 cm
Paris, Musée du Louvre (don sous réserve d’usufruit)
Photo : RMN-GP/M. Urtado
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- Jean-Baptiste Regnault (1754-1829), Dieu séparant la lumière des ténèbres (ill. 4). Ce dessin illustre un passage du Livre de la Genèse, Chapitre 1:4 (« Et Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière et les ténèbres »). La composition et le style sont encore très baroques incitent à une datation précoce, Regnault évoluant par la suite vers une manière plus néoclassique.


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5. Jean-Antoine Constantin, dit Constantin d’Aix (1756-1844)
Paysage de ruines animées
Plume et encre noire, lavis gris
- 27,5 x 40 cm
Paris, Musée du Louvre (don sous réserve d’usufruit)
Photo : RMN-GP/M. Urtado
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- Jean-Antoine Constantin d’Aix, dit Constantin d’Aix (1756-1844), Paysage de ruines animées (ill. 5). Les dessins de Constantin, originaire d’Aix-en-Provence (d’où son surnom), sont très abondants. Celui-ci est typique de sa production.


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6. France, vers 1780-1800
Portrait de femme de profil
Pierre noire, lavis gris et noir - 18,2 x 14,9 cm
Paris, Musée du Louvre (don sous réserve d’usufruit)
Photo : RMN-GP/M. Urtado
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- France, vers 1780-1800, Portrait de femme de profil (ill. 6). Ce beau dessin était attribué à Jean-Urbain Guérin mais est entré au Louvre comme anonyme. Il est typique d’un type de portraits dessinés, en profil absolu, que l’on trouve de manière fréquente en France autour de 1800, proche des miniatures.


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7. Hubert Clerget (1818-1899)
Ruines des Tuileries après la Commune, 1873
Crayon noir, lavis gris, gouache blanche - 11 x 30 cm
Paris, Musée du Louvre (don sous réserve d’usufruit)
Photo : RMN-GP/M. Urtado
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- Hubert Clerget (1818-1899), Ruines des Tuileries après la Commune (ill. 7). Lithographe, dessinateur et peintre, Clerget, qui exposa aux Salons entre 1843 et 1873, était spécialisé dans les vues de monument et les représentations topographiques. Ce dessin représente, en 1873, les ruines des Tuileries qui finirent par être détruites quelques années plus tard.


Didier Rykner, vendredi 2 février 2018


Notes

1Selon la notice de cette feuille dans la base Arts graphique du Louvre.





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