Sensualité et spiritualité. À la recherche de l’absolu


Paris, Musée national Jean-Jacques Henner, du 16 novembre 2012 au 17 juin 2013.

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1. Jean-Jacques Henner (1829-1905)
La Mère du peintre priant devant le corps
de sa fille Madeleine, 1856

Huile sur toile – 46,5 x 68 cm
Paris, Musée national Jean-Jacques Henner
Photo : RMNGP/Franck Raux

Depuis sa réouverture en 2009, après des travaux qui lui ont redonné le lustre et le charme intime qui étaient les siens jadis, le Musée Henner, installé dès sa création dans l’hôtel et atelier du peintre Guillaume Dubufe, ne se contente pas de gérer l’important fonds qui constitue sa collection (œuvres mais aussi archives dont l’exploitation scientifique prendra de longues années) ; sous la houlette de sa directrice Marie-Hélène Lavallée, l’établissement organise désormais des expositions destinées à approfondir l’œuvre d’un peintre bien trop souvent réduit à des clichés ou à quelques images, toujours les mêmes. L’exposition dévolue par le Musée de la Vie romantique à Henner en 2007, durant les travaux du musée, et dont nous avions rendu compte, avait permis d’attirer l’attention d’un public prêt à aller admirer sa peinture lors d’un événement tandis que lorsque « son » musée était encore ouvert, il ne s’y pressait pas : malheureuse habitude désormais prise par les amateurs, qui consiste à privilégier le temporaire au permanent, même quand il montre… la même chose ; mais on a déjà tout dit de cette dérive. Ici, le Musée Henner remplit sa mission qui consiste à illustrer l’étendue de l’œuvre du peintre en organisant une présentation par roulement de sa collection tout en en explorant un aspect précis à travers un vrai propos scientifique : avec la « sensualité et la spiritualité » comme « moyens » de quête d’un absolu, il s’agit de s’interroger sur la peinture dite religieuse de Henner et de tenter d’en démêler les ressorts profonds. Un corpus de 114 numéros, peintures, dessins, carnets de Henner, associé à d’importants prêts d’œuvres de Léon Bonnat, Eugène Carrière, Paul Baudry, Alphonse Legros, Gustave Moreau, Puvis de Chavannes et Théodule Ribot, permet de resserrer la vision du travail pléthorique de l’artiste (qui vécut, rappelons-le de 1829 à 1905) pour aller vers une vision dense et, il faut bien le dire, très convaincante.


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2. Jean-Jacques Henner (1829-1905)
Adam et Ève découvrant le corps d’Abel, 1858
Huile sur toile – 147 x 113 cm
Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts
Photo : Paris, Ensba/Jean-Michel Lapelerie

Le propos consiste à s’interroger sur la relation entre spiritualité, sensualité et peinture, principalement autour du « motif » du corps souffrant ou mort. La fascination qu’exerça ce sujet sur l’artiste tout au long de sa vie n’est évidemment pas anodine et la confrontation des œuvres, depuis l’époque de l’École jusqu’à la maturité et les tableaux ultimes, bien au-delà d’un simple prétexte iconographique, révèle la démarche de Henner, son appréhension du sujet et sa recherche dans le traitement plastique comme sensible de l’expression et du « sens » de l’extase, de la souffrance et de la mort. Il est…

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