Schalcken : la révélation d’un grand peintre hollandais du XVIIe siècle Contenu abonnés


Auteur : collectif, sous la direction d’Anja K. Sevcik.

Voici une première qui ne peut que dissoner agréablement dans l’inévitable expositionnite qui régule désormais toute vie artistico-culturelle1. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’y avait encore jamais eu d’exposition consacrée à ce maître de premier plan, autrefois célèbre – Houbraken, Dezallier d’Argenville et même Goethe en parlent avec estime –, quelque peu négligé ensuite, revenu à présent en faveur, comme en témoignent les insatiables ventes actuelles (au bon plaisir des cotes…). Le fait est qu’il n’y a pas non plus tellement de célébrations monographiques – sont davantage prisées les flatteuses expositions généralistes ou les commodes thématiques spécialisées – qui portent sur des maîtres du Siècle d’or hollandais, hormis les noms-vedettes toujours ressassés.
Rare et méritante exception donc que la vertueuse exposition consacrée à Godefridus Schalcken (Made, 1643 – La Haye, 1706), successivement proposée par le musée de Cologne et celui de Dordrecht (le peintre naquit en effet à Made, entre Dordrecht et Breda) et qui fait par ailleurs écho à l’imposante monographie de Thierry Beherman parue, chose rare, en langue française, il y a presque 30 ans2 mais gagnant singulièrement, on s’en doute, à se voir amendée et enrichie (au moins une dizaine d’inédits) par le jeu efficacement conjoint du marché et de la recherche érudite3. Observons au passage que les avant-propos du catalogue colonais auraient pu saluer davantage le mérite du travail du jeune Thierry Beherman (1950-1987), prématurément ravi à l’existence peu avant la publication de son monumental ouvrage4. Sur quelque 365 peintures de Schalcken déjà répertoriées par Hofstede de Groot en 19125, Beherman après tri s’en tenait à près de 250 tableaux sûrs. Mais le fait que la présente exposition montre pratiquement un tiers de l’œuvre reconnu est une véritable prouesse. Avec un plaisir (presque réactionnaire !), permettons-nous dès lors de vanter un catalogue exigeant où les essais préliminaires, sagement proportionnés6, ne l’emportent pas comme si souvent dans les expositions actuelles sur l’étude notice à notice des œuvres présentées. On eût aimé cependant qu’un aussi bel instrument de travail, vrai triomphe d’une imparable érudition, soit pourvu d’un index général, les notices y traitant et reproduisant même des dizaines d’autres œuvres de Schalcken.

L’exposition, superbement orchestrée par Anja Sevcik7, nouvelle conservatrice au musée de Cologne où elle s’occupe du département de l’art baroque (auparavant, elle avait travaillé au musée de Prague), a su mettre à contribution les musées néerlandais et plus encore ceux d’Allemagne (qui ne sait la supérieure richesse des musées d’outre-Rhin en peintures du Siècle d’or hollandais !). Les Pays-Bas pour leur part restent, et c’est heureux, relativement bien pourvus en œuvres de Schalcken, notamment en portraits, peut-être parce que cela a moins tenté le marché exportationniste ou bien au contraire parce qu’il y a eu un effet de…

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