Nous avons ici-même été suffisamment critique de la présentation de l’exposition Michel-Ange (voir article), sans parler de l’exposition Léonard de Vinci, que le décor anthracite transforme en salon funéraire, pour ne pas saluer le plaisir qu’il y a à visiter l’exposition Savoir-faire. Ici, pas de mise en scène qui s’impose et fait passer les dessins au second plan. Les murs sont d’une belle couleur bleue, donnant une ambiance reposante. L’éclairage respecte les normes nécessaires à l’exposition des dessins, sans pour autant plonger le spectateur dans le noir. Sans compter qu’une telle présentation doit être infiniment moins coûteuse que la scénographie complexe qu’on nous inflige sous la pyramide.
La qualité des dessins ne contribue pas moins au plaisir de la visite. Les plus grands artistes sont convoqués, Raphaël et Michel-Ange compris, malgré les manifestations qui leurs sont consacrées au Louvre même et au musée de Lille. Le but de l’exposition est d’explorer le mécanisme créatif des peintres en scrutant l’évolution des formes que l’artiste trace, étape après étape, sur le papier, pour aboutir à la composition définitive.
On peut, ou non, lire les cartels qui tentent de résumer la thèse du commissaire de l’exposition, Lizzie Boubli. Cette thèse, développée dans le catalogue, fait l’objet d’une publication plus complète, aux éditions du CNRS, intitulée L’atelier du dessin italien de la Renaissance, Variante et variation (30 €).
Catalogue par Lizzie Boubli, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, Paris, 2003. 39 €.

