Rubens, Poussin et les peintres du XVIIe siècle Contenu abonnés


Paris, Musée Jacquemart-André, du 24 septembre 2010 au 24 janvier 2011.

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1. Gérard de Lairesse (1640-1711)
La Fête de Vénus
Huile sur toile - 143 x 191,5 cm
Liège, collection Albert Vandervelden
Photo : Hugo Maertens

L’exposition du Musée Jacquemart-André ne laissera sûrement pas indifférents les historiens de l’art qui ne manqueront pas de s’interroger sur son propos. Car celui-ci est assez original, tellement même qu’il nous rend franchement perplexe. L’exposition a en effet pour premier objectif1 de « rendre compte de l’importance du courant flamand en France au début du XVIIe siècle ». Sur ce point, il n’y a rien à dire, si ce n’est qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté. Le sujet est-il traité de manière satisfaisante ? Nous le verrons plus loin. La suite porte sur les « nouveaux modèles picturaux, développés en France par Nicolas Poussin, Laurent de La Hyre, Eustache Le Sueur ou Charles Le Brun […] ». Pourquoi pas, même si l’on ne voit pas le lien direct entre la première proposition et celle-ci, et si dire à propos de Poussin qu’il « développe son art en France » semble un petit peu exagéré, l’artiste ayant, après son départ pour Rome en 1624, passé à peine deux ans à Paris en 1640-1642.
La troisième affirmation, qui sert de conclusion, est également avérée : « les artistes des provinces belges et tout particulièrement ceux de Liège, tels que Bertholet Flémal, Gérard de Lairesse (ill. 1)…. » ont effectivement adopté les « nouveaux modèles picturaux » développés en France.

Rien de cela n’est nouveau, mais suggérer qu’il s’agit ainsi d’un « renversement d’influence […] opéré entre ces deux écoles au cours du XVIIe siècle » est un raccourci saisissant et plus qu’approximatif. D’abord parce que les flamands ont marqué la peinture française bien au delà de la première moitié du XVIIe comme en témoigne la querelle des rubénistes et des poussinistes, qui se termine d’ailleurs par la victoire des premiers et dont on ne trouve aucun écho dans l’exposition, pas davantage dans le catalogue. Ensuite, parce qu’assimiler les Flémal, Damery…

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