Romantics Contenu abonnés


Londres, Tate Britain, du 9 août 2010 au 31 juillet 2011

Les collections de la Tate sont si vastes qu’elle peut se permettre sans difficulté d’organiser simultanément deux belles expositions sur des sujets connexes – où nombre d’auteurs sont présents par leurs tableaux et dessins à la fois dans l’une et l’autre. Il est clair en effet que le thème du sublime (voir l’article) et celui du romantisme se recoupent en bien des occasions – et les notices de Romantics ne se privent d’ailleurs pas de faire allusion à la dimension « sublime » de nombreuses œuvres, présentées dans les salles de la Clore Gallery, habituellement consacrées à Turner. Est-il besoin de le préciser dans ce musée qui s’appela initialement National Gallery of British Art  ? – il s’agit ici, cela va de soi, de romantisme britannique.

Les salles de l’exposition ont été confiées à des commissaires différents, et David Blayney Brown, dont le texte mural explicatif accueille le visiteur dans la vaste première salle, est naturellement conscient de la difficulté de cerner le « romantisme ». Son argument se tient. On a conservé le mot « faute d’en trouver un meilleur » pour décrire les préoccupations des penseurs, des écrivains et des artistes exprimées avec une intensité particulière à un moment bien précis de l’histoire : liberté et droits de l’individu, puissance créatrice de l’esprit humain et notre rapport au monde naturel1. Poursuivant sur le ton modeste qui sied à une telle entreprise, il explique sa démarche en des termes qui ne peuvent qu’emporter l’adhésion du public, en précisant bien que son accrochage ne cherche pas à être le dernier mot en la matière, mais à donner à voir des artistes et des œuvres d’art dont la vision, l’imagination ou l’expression reflètent ces préoccupations, souvent d’ailleurs par des voies étonnamment différentes2.


JPEG - 9.1 ko
1. Jacob More (vers 1740-1793)
Le Déluge, 1787
Huile sur toile - 181 x 233,1 cm
Londres, Tate Britain
Photo : Tate Britain
Voir l'image dans sa page
JPEG - 17.6 ko
2. Francis Danby (1793-1861)
Le déluge, vers 1840
Huile sur toile - 84,5 x 112 cm
Londres, Tate Britain
Photo : Tate Britain
Voir l'image dans sa page

JPEG - 18.6 ko
3. J.M.W Turner (1775-1851)
Le Déluge, vers 1805
Huile sur toile - 270,5 x 180 cm
Londres, Tate Britain
Photo : Tate Britain
Voir l'image dans sa page

Pour prolonger l’exploration du sublime que nous avions entamée lors de notre précédente visite, nous nous sommes d’abord arrêté, sans suivre l’ordre des salles, devant les tableaux qui nous rappelaient ce genre – et de fait, la plupart du temps les cartels y faisaient allusion. Il est extrêmement intéressant à cet égard de comparer le Déluge de Jacob More (ill. 1) et celui de Francis Danby (ill. 2) exposés dans la galerie consacrée au sublime, au Déluge de Turner (ill. 3) accroché ici. On est cependant surpris en lisant le cartouche, qui semble indiquer une impossibilité chronologique, puisqu’il indique que le Déluge de More aurait été, comme celui de Danby (où, là, il n’y a aucune invraisemblance), influencé par le « sublime…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Gauguin. Maker of Myth

Article suivant dans Expositions : Giuseppe De Nittis. La modernité élégante.