Rodin, la chair, le marbre


Paris, Musée Rodin, du 8 juin 2012 au 1er septembre 2013

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1. Auguste Rodin (1840 -1917)
Victor Hugo, 1883
Praticien - Aristide Rousaud, 1916-1918
Marbre - 65,7 x 84 x 42,7 cm
Paris, Musée Rodin
Photo : J. Manoukian

« Je suis fait d’ombre et de marbre »1 lança Victor Hugo. Et Rodin le prit au mot (ill. 1). L’effigie du poète trône au milieu d’une cinquantaine d’autres sculptures dans la chapelle de l’Hôtel Biron (lui-même en rénovation jusqu’en 2014).
Si les marbres de Rodin furent souvent critiqués et laissés de côté, le propos de cette exposition est bien d’étudier leur place dans la carrière de l’artiste, auteur, tout de même, de quelque 400 œuvres marmoréennes2. La scénographie de Didier Faustino permet de déambuler entre les sculptures et fait judicieusement varier la hauteur du regard qui les contemple. Il est à noter que les vitraux de la chapelle sont exceptionnellement dégagés, donnant une atmosphère lumineuse inhabituelle à la première salle.
Le catalogue publié à cette occasion est de qualité ; chaque sculpture est reproduite avec une notice et un commentaire, tandis que les essais font un tour complet de la question, les uns détaillent les fournisseurs de marbre à qui s’adressa Rodin, les praticiens et les metteurs aux points qui travaillèrent pour lui, les autres analysent l’importance de la photographie, ainsi que le contexte général de la statuaire à la fin du XIXe siècle. L’exposition, comme le catalogue, souligne surtout ce non finito des œuvres, de plus en plus important au fil des décennies, et s’intéresse en outre au véritable rôle que joua le maître dans la réalisation même de ces sculptures.

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2. Auguste Rodin (1840-1917)
Praticien : Jean Escoula, 1887-1888
Madame Morla-Vicuña, 1888
Marbre - 56,9 x 49,9 x 37 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : RMNGP

Le parcours chronologique met en valeur l’évolution stylistique de sa production. Dans les années 1871-1890, l’art de Rodin est d’abord mimétique et cherche à donner l’illusion de la chair, de la vie, comme en témoignent l’Homme au nez cassé, buste…

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