La sculpture française du XIXe et de la première moitié du XXe siècle est à l’honneur à Lille. Alors qu’est paru récemment le catalogue sommaire (recensé ici-même par Jacques Foucart), alors qu’une donation récente est actuellement exposée (voir brève du 16/12/09), alors qu’une maquette en plâtre préparatoire au bâtiment de la Voix du Nord vient d’être acquise (voir brève du 16/12/09), plusieurs œuvres monumentale ont été sorties des réserves et, pour certaines d’entre elles, restaurées.
Quatre sont nouvellement exposées dans la galerie d’accueil du musée qui était d’ailleurs, autrefois, consacrée aux sculptures.
Emile-Edmond Penot, La Proie (ill. 1). Cet artiste fut Prix de Rome en 1881 et conçut le projet de cette sculpture, datée de 1888 et exposée en 1889, lors de son séjour à la Villa Médicis.
Si l’influence de Michel-Ange est citée à propos de cette œuvre spectaculaire, c’est sans doute plutôt de Pierre Puget qu’il convient de la rapprocher, et notamment (dans l’esprit davantage que dans la composition) de son Milon de Crotone du Louvre.

1. Emile-Edmond Peynot (1850-1932)
La Proie, 1888
Marbre - 197 x 152 x 220 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
Gustave-Frédéric Michel, La Forme se dégageant de la matière (ill. 2). C’est bien à Michel-Ange, en revanche, que renvoie ce marbre, tant du point de vue du style que du sujet ou du traitement, volontairement inachevé. Le modèle en plâtre se trouve au Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix.

2. Gustave-Frédéric Michel (851-1924)
La Forme se dégageant de la matière, 1902
Marbre - 172 x 150 x 95 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
Edgar-Henri Boutry, Pax (ill. 3). Prix de Rome en 1887, originaire de Lille, le sculpteur est représenté par plusieurs œuvres au Palais des Beaux-Arts. La donation Laporte-Pellegrin (voir brève du 16/12/09) comprend également une plaque en bronze. Cette allégorie de la Paix, très classique, évoque peut-être la fin de la Première Guerre Mondiale.

3. Edgar-Henri Boutry (1857-1939)
Pax
Marbre - 222 x 116 < 82 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
Eugène-Valentin Déplechin, Amphitrite (ill. 4). Né à Roubaix, Déplechin est surtout connu pour sa sculpture du Petit Quinquin pour le monument à Alexandre Desrousseaux à Lille. Le Palais des Beaux-Arts conserve également une statuette en plâtre, préparatoire à cette statue d’Amphitrite. Le grand plâtre est conservé au Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix1.

4. Eugène-Valentin Déplechin (1852-1926)
Amphitrite, 1893
Marbre - 195 x 71 x 58 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
Une autre sculpture en plâtre a été restaurée et exposée dans une salle du sous-sol, avant celles consacrées au Moyen Age. Sa restauration a permis d’en changer l’attribution. Cette belle Cléopâtre (ill. 5) n’est pas du lillois Albert Darcq comme on le pensait jusqu’à aujourd’hui et comme on le lit encore dans le catalogue sommaire qui vient juste de paraître, mais du parisien Charles Gauthier dont la signature est réapparue après nettoyage.

5. Charles Gauthier (1831-1891)
Cléopâtre
Plâtre patiné - 122,5 x 180 x 89 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
Enfin, une œuvre célèbre (ill. 6), qui était exposée dans les salles de sculpture, connaît désormais une nouvelle jeunesse après la restauration dont elle a bénéficié et qui l’a allégée de trois couches de badigeons. Il s’agit du modèle du Satyre et bacchante de James Pradier, dont le marbre est au Louvre et qui fit scandale par son érotisme au Salon de 1834. On crut voir dans la bacchante, la figure de Juliette Drouet tandis qu’on reconnaissait dans le satyre (ill. 7) James Pradier lui-même (une hypothèse aujourd’hui fortement remise en cause).

6. Jame Pradier (1790-1852)
Satyre et bacchante, 1834
120 x 113 x 80 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner

6. Jame Pradier (1790-1852)
Satyre et bacchante, 1834 (détail)
120 x 113 x 80 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
