Restauration du Salon de Mercure


27/01/12 - Restauration - Versailles, Château - A l’occasion de la conférence qu’a tenue Catherine Pégard hier, 26 janvier, à Versailles (voir la brève du 26/01/12), nous avons pu visiter le chantier de restauration du Salon de Mercure, qui devrait s’achever en juin 2012, après dix mois de travaux dirigés à la fois par la Conservation du château de Versailles et par le C2RMF, pour un budget de 750 000 euros (ill. 1 et 2).


1. Plafond du Salon de Mercure, 1671-1681
peintures de Jean-Baptiste de Champaigne
stucs de Gaspard et Balthazar Marsy.
Photo avant restauration.
Photo : RMNGP

2. Restauration du plafond du Salon de Mercure
peint par Jean-Baptiste de Champaigne
Versailles, Château
Photo : Didier Rykner


Réalisé entre 1671 et 1681, le décor du plafond a été peint par Jean-Baptiste de Champaigne tandis que les stucs sont de Gaspard et Balthazar Marsy. Au centre, trône Mercure sur son char, tiré par deux coqs, accompagné par l’Etoile du matin (ill. 1). Les scènes antiques développées sur les voussures rappellent qu’il est à la fois le dieu de l’intellect et le messager de l’Olympe : ici, Alexandre le Grand reçoit l’annonce de la mort du philosophe gymnosophiste indien Calanus ; là, il fait porter à Aristote des animaux du monde entier afin qu’il écrive son Histoire naturelle ; les deux autres compositions représentent Ptolémée II Philadelphe s’entretenant avec des savants juifs, et L’empereur Auguste recevant une ambassade d’Indiens. Les écoinçons déclinent quant à eux des allégories : La Raison entre l’Equité et la Mesure (ill. 3), Le Mérite entre la Justice et l’Industrie, L’Adresse du corps entre la Diligence et la Force et, enfin, L’Expérience entre la Mémoire et le Raisonnement arithmétique. Des putti en stuc doré animent l’ensemble, portant des cornes d’abondance et des guirlandes de fleurs de lauriers (ill. 4).


3. Restauration du plafond du Salon de Mercure
peint par Jean-Baptiste de Champaigne
Versailles, Château
Photo : Christian Milet

4. Putto portant une corne d’abondance
Versailles, Château
Photo : Didier Rykner


Les anciennes restaurations ont été dégagées, notamment les repeints qui recouvraient une partie de l’œuvre de Jean-Baptiste de Champaigne. Désormais les lacunes, qui sont nombreuses mais petites, sont comblées sans que ces retouches ne couvrent la peinture originale, qui subsiste aujourd’hui à 80 % (ill. 5). Il a aussi fallu traiter les toiles marouflées des voussures et du centre du plafond, décollées par endroit. Quant au décor des écoinçons, il est directement peint à l’huile sur le plâtre, qui s’est soulevé (ill. 6) ; il a été décidé de renforcer la coque de plâtre par l’arrière sans chercher à la remettre en place, tout en reprenant le décor peint là où il est abîmé. On a pu en outre dégager des fleurs de lys présentes dans le fond de ces écoinçons, qui avaient été recouvertes à la Révolution.
Enfin, les éléments de stucs dorés à la feuilles d’or (bordures à ornements géométriques et végétaux, corniches, putti, guirlandes de fleurs) souffrent d’un encrassement qui va être traité.


5. Voussure
L’Empereur Auguste recevant une ambassade d’Indiens
Versailles, Château
Photo : Christian Milet

6. Écoinçon
L’Adresse du corps entre la Diligence et la Force
Versailles, Château
Photo : Didier Rykner


Une fois cette campagne achevée, c’est la restauration du Salon de l’Abondance qui sera entreprise entre juillet et décembre 2012, avec un morceau de bravoure : la voûte, dont le décor a été peint en 1683 par René-Antoine Houasse directement sur la coque de plâtre ; or d’anciens repeints et des chancis viennent aujourd’hui altérer La Magnificence du Roi.

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Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 27 janvier 2012



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