Restauration du cul-de-four de Notre-Dame-de-Lorette


18/3/2013 - Restauration - Paris, église Notre-Dame-de-Lorette - Cela faisait de nombreux mois que nous voulions faire de l’église Notre-Dame-de-Lorette le sujet d’un nouvel article consacré aux églises parisiennes en péril. Nous en parlons finalement pour une restauration en cours. Celle-ci n’est pas sauvée, loin s’en faut, mais on se réjouit néanmoins de ce chantier qui concerne le décor de l’abside et devrait se terminer en juin.


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1. Restauration en cours du cul-de-four de
l’église Notre-Dame-de-Lorette
Couronnement de la Vierge de
François-Édouard Picot
Photo : Didier Rykner
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2. François-Edouard Picot (1786-1868)
Couronnement de la Vierge, détail
Peinture murale à l’huile
en cours de restauration
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
(cul-de-four)
Photo : Didier Rykner

Construit entre 1824 et 1836 par Hippolyte Lebas, cet édifice religieux est sans doute l’un des plus importants et des plus beaux que la Restauration et la Monarchie de Juillet ont laissé à Paris. Son décor intérieur témoigne de la variété de la peinture parisienne sous Louis-Philippe, puisque l’on y voit des œuvres d’artistes au style fort différent.
La restauration en cours porte sur les peintures du cul-de-four, dues à François-Édouard Picot (ill. 1 à 3). Nous avions déjà pu monter sur les échafaudages qui avaient été installés en 2009 pour en réaliser l’étude préparatoire, et constater ainsi leur état de dégradation, mais aussi leur remarquable qualité, ainsi que celle de la coupole réalisée par Pierre-Claude-François Delorme (ill. 4 et 5).


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3. François-Edouard Picot (1786-1868)
Couronnement de la Vierge, détail
Peinture murale à l’huile
en cours de restauration
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
(cul-de-four)
Photo : Didier Rykner
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4. Pierre-Claude-François Delorme (1783-1859)
La Translation de la Maison de Lorette, détail
Peinture murale
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
(coupole)
Photo : Didier Rykner

D’après les restaurateurs, un groupement mené par Alix Laveau, les lacunes assez étendues, notamment au niveau des joints, sont anciennes, tandis que deux restaurations documentées avaient déjà été menées, en 1929 et dans les années 1970. Les peintures étaient très noircies en raison de l’éclairage au gaz, et le nettoyage en partie effectué permet de comprendre à quel point elles devraient en ressortir métamorphosées. Le début des travaux a par ailleurs permis de constater que Picot, sous l’influence de l’Italie et bien qu’il ait peint à l’huile, recherchait un effet de fresque.


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5. Pierre-Claude-François Delorme (1783-1859)
La Translation de la Maison de Lorette, détail
Peinture murale, essai de nettoyage (2009)
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
(coupole)
Photo : Didier Rykner
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6. Pierre-Claude-François Delorme (1783-1859)
Un évangéliste
Peinture murale, état actuel
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
(écoinçon de la coupole)
Photo : Didier Rykner

La partie purement décorative, qui complète l’abside, sous le cul-de-four, sera également restaurée (il s’agira essentiellement d’un simple nettoyage car l’état de conservation est correct) et le chantier devrait être terminé en juin. Il restera alors à s’occuper du reste de l’église, avant que les dégâts, déjà importants, ne deviennent irréversibles, mais pour l’instant rien n’est prévu. Les écoinçons de la coupole de Delorme, représentant les évangélistes, sont très abîmés, l’un d’entre eux étant même en grande partie détruit (ill. 6). Autres urgences : les peintures murales des quatre chapelles d’angle, peintes respectivement par Victor Orsel (à gauche du chœur), Alphonse Périn (à droite du chœur), Adolphe Roger (à droite de l’entrée) et Merry-Joseph Blondel (à gauche de l’entrée). Cette dernière (ill. 7), étayée, est tellement couverte de suie (apparemment en raison d’un incendie) qu’elle en est devenue en grande partie illisible, tandis que celles de Roger (ill. 8) et d’Orsel sont recouvertes de papier adhésif pour empêcher la peinture de tomber ; la chapelle de Périn n’est pas dans un état beaucoup plus satisfaisant (d’autant que toute la base a été grattée et repeinte par des « restaurations » barbares dans les années 70).


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7. Merry-Joseph Blondel (1781-1853)
Chapelle des Morts (état en 2009)
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
Photo : Didier Rykner
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8. Adolphe Roger
Chapelle des Fonts-Baptismaux (état 2009)
Paris, église Notre-Dame-de-Lorette
Photo : Didier Rykner

Le budget du chantier concernant le cul-de-four (hors échafaudage) est de 55 000 €, une somme plutôt raisonnable, compte-tenu du travail à effectuer. 33% est pris en charge par le ministère de la Culture, via la DRAC (les peintures sont classées monuments historiques). Par comparaison, on rappellera que le coût à la charge de la Ville de Paris de l’immonde canopée en train de s’élever aux Halles se monte à plus de 260 millions d’euros si l’on en croit les chiffres (probablement sous-estimés) donnés par Anne Hidalgo elle-même.

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Didier Rykner, lundi 18 mars 2013





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