Restauration de laques de Jean Dunand au Musée du Havre grâce à la Fondation BNP-Paribas


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1. Jean Dunand (1877-1942)
Les Vendanges (après restauration)
Laque et or
Le Havre, Musée André Malraux
Photo : Didier Rykner

28/5/15 – Restauration – Le Havre, Musée d’art moderne André Malraux - Alors que bien des pertes dues au vandalisme sont à déplorer ces dernières années pour l’Art Déco, et que va sans doute bientôt être détruit à Nantes un important exemple de ce style (voir nos articles sur les Salons Mauduit), il est agréable de pouvoir parler de la restauration, au Musée du Havre, de quatre laques de Jean Dunand (ill. 1 à 4), en grande partie grâce au mécénat de la Fondation BNP-Paribas1.
Profitons-en, avant toute chose, pour préciser un point important sur Dunand et les Salons Mauduit. Contrairement à ce que tout le monde pensait à Nantes, à ce qu’on écrit toutes les personnes ayant publié sur ce sujet (et à ce que nous avions nous même indiqué), L’Arche ne serait pas de Jean Dunand mais de son fils Pierre, qui travailla longtemps avec lui. C’est ce que nous a affirmé Jean-Paul Dunand, petit-fils de Jean Dunand et son ayant-droit, qui a pu se rendre sur place et y lire la signature.
Cela ne change rien au scandale de la future démolition des Salons Mauduit, mais il est important de le préciser ici.


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2. Jean Dunand (1877-1942)
La Conquête du cheval (après restauration)
Laque et or
Le Havre, Musée André Malraux
Photo : Didier Rykner
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3. Jean Dunand (1877-1942)
La Conquête du cheval (après restauration)
Laque et or
Le Havre, Musée André Malraux
Photo : Didier Rykner

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4. Jean Dunand (1877-1942)
La Pêche (après restauration)
Laque et or
Le Havre, Musée André Malraux
Photo : Didier Rykner

Revenons à cette restauration, qui a donc concerné quatre panneaux sur les cinq que conserve le musée2 (le cinquième était en bon état - ill. 5), acquis en 1973. Il s’agit de réductions des grandes compositions qui ornaient le fumoir du paquebot Normandie, mais l’historique de ces œuvres avant leur achat n’est pas connu.
La restauration était nécessitée par un mauvais état général caractérisé par des altérations et usures de la feuille d’or, des soulèvements, fissures et décollements de la laque3. Par ailleurs, d’anciennes interventions avaient mal vieilli. Cette technique est très particulière, et très complexe, et il convenait donc d’établir un diagnostic précis avant de commencer le travail, d’autant que la laque recouvre une multitude de techniques, et que chaque objet est différent. On voulait notamment savoir dans ce cas si la dorure était ou non protégée par une couche d’une autre matière, et si celle-ci était d’origine. Apparemment non, ce qui a d’ailleurs étonné Anne Jacquin, spécialisée dans la restauration des objets en laque, qui a mené les travaux avec le C2RMF. En raison de la présence d’or, elle a été accompagnée par Irène Bordereau, spécialiste en dorure.


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5. Jean Dunand (1877-1942)
La Chasse à la gazelle
Laque et or
Le Havre, Musée André Malraux
Photo : Didier Rykner

Les œuvres sont désormais raccrochées sur les murs du musée.


Didier Rykner, jeudi 28 mai 2015


Notes

1Le remarquable mécénat réalisé depuis de nombreuses années par la Fondation BNP-Paribas dans le domaine du patrimoine devrait inciter cette banque à pousser la Fédération Française de Tennis, dont elle est un des principaux sponsors, à ne pas s’obstiner dans sa volonté de dénaturer le jardin des Serres d’Auteuil...

2Celui-ci possède également, de Jean Dunand, un vase et une bouteille de métal.

3Rappelons que « laque » est masculin lorsque l’on parle de l’objet, et féminin quand on parle de la matière.





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