Redécouverte des dessins du Musée Antoine-Lécuyer


23/1/06 - Exposition - Saint-Quentin, Musée Antoine-Lécuyer - Les collections des musées de province sont une source inépuisable de découvertes, particulièrement dans leurs œuvres graphiques. On le verra à l’automne 2006 avec les multiples expositions autour des dessins italiens du XVIIe et du XVIIIe siècle conservés en région.

1. Attribué à François Boucher (1703-1770)
L’Adoration des Mages
Plume, encre et lavis - 30,3 x 26 cm
Saint-Quentin, Musée Antoine-Lécuyer
Photo : Musée Antoine-Lécuyer

2. Nicolas de Poilly (1675-1747)
Le Christ assis, les bras écartés et la tête levée
Pierre noire, rehauts de blanc - 33,6 x 27,6 cm
Saint-Quentin, Musée Antoine-Lécuyer
Photo : Musée Antoine-Lécuyer


3. Léon Bénouville (1821-1859)
Portrait de Philibert Léon Couturier, vers 1845
Pierre noire, rehauts de blanc - 21,7 x 17,7 cm
Saint-Quentin, Musée Antoine-Lécuyer
Photo : Musée Antoine-Lécuyer

Le musée Antoine-Lécuyer de Saint-Quentin montre actuellement (jusqu’au 27 février 2006) cinquante feuilles du XVIe au XXe siècle provenant de son fonds. Cet ensemble, réduit en nombre, comporte néanmoins plusieurs œuvres de très belle qualité. Le catalogue publié à cette occasion bénéficie de bonnes reproductions. Les notices sont bien documentées et riches des avis des différents spécialistes consultés. Elles sont dues à Hervé Cabezas, conservateur du musée, Pierre Rosenberg et à Alastair Laing pour un dessin attribué, selon toute vraisemblance, à François Boucher (ill. 1). L’anecdote racontée à son sujet par Laing est amusante et édifiante : alors qu’il connaissait cette Adoration des Mages pour en avoir vue la reproduction dans un catalogue publié en allemand pendant la Première Guerre Mondiale, il avait écrit au musée pour lui demander des renseignements. On lui avait alors répondu (la date n’est pas précisée) que « le musée Antoine-Lécuyer ne conserve que les œuvres de Maurice Quentin-De La Tour », ce qui est évidemment complètement faux. Si l’attribution à Boucher est encore discutée, il ne fait guère de doute qu’elle soit correcte, Alastair Laing rapprochant l’œuvre d’autres dessins tardifs de l’artiste, de même technique.


4. Charles Parrocel (1688-1752)
L’Europe sous l’emblème d’une chasse au sanglier, 1745
Sanguine, pierre noire, fusain, craie,
pinceau, lavis, plume - 51 x 101 cm
Saint-Quentin, Musée Antoine-Lécuyer
Photo : Musée Antoine-Lécuyer

On découvrira dans cette publication nombre de choses intéressantes, comme un dessin inédit de Domenico Piola (Un satyre faisant boire un bouc) ce qui n’est pas rare, ou un Christ assis, les bras écartés et la tête levé, de Nicolas de Poilly (ill. 2), ce qui l’est davantage. On notera également deux très grandes feuilles (larges d’environ un mètre) de Charles Parrocel (ill. 4) qui avaient été exposées à Versailles en 1995 [1] et un remarquable portrait d’homme par Léon Bénouville (ill. 3), absent de la monographie de Marie-Madeleine Aubrun.

Le musée conserve enfin un important ensemble d’artistes des années 30. On verra notamment de très beaux Jean-Théodore Dupas, André Maire et Alfred Janniot.


local/cache-vignettes/L115xH147/Couverture_Lecuyer-f838d.jpgHervé Cabezas, Pierre Rosenberg et Alastaire Laing, Renaissance de la collection de dessins du musée Antoine-Lécuyer 1550-1950, Editions L’œil d’or, 2005, 25 €. ISBN : 2-913661-17-3


Didier Rykner, lundi 23 janvier 2006


Notes

[1] Versailles : les chasses exotiques de Louis XV, Versailles, musée national des Châteaux de Versailles et Trianon, 15 février-12 mai 1996, notices par Xavier Salmon.



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