Recherche de mécènes pour un fonds de dessins de la Manufacture Odiot


26/1/09 – Recherche de mécénat – Paris, Musée des Arts Décoratifs – Les collections de dessins d’arts décoratifs sont rares. Et lorsqu’il s’agit de dessins d’une des plus grandes maisons d’orfèvrerie française, elles deviennent exceptionnelles. C’est dire tout l’intérêt de l’ensemble de 176 feuilles provenant de la manufacture Odiot pour laquelle les Arts Décoratifs cherchent un ou plusieurs mécènes.

Fondée en 1690, surtout célèbre pour son orfèvrerie Empire en raison de la grande qualité des pièces réalisées par Jean-Baptiste-Claude pour l’Empereur (épée et sceptre du Sacre, berceau du roi de Rome – dont le dessin, d’Adrien-Louis-Marie Cavellier figure dans le fonds aujourd’hui à vendre, ill. 3 –, service de campagne de l’Empereur, etc.) puis bientôt pour l’Europe entière (service Demidoff), cette manufacture est, aujourd’hui encore, l’une des plus prestigieuses maisons d’orfèvrerie françaises. La qualité de ses modèles, donnés par des artistes de talent, l’excellence de sa technique, l’élégance discrète de l’équilibre entre forme et décor furent, et sont encore, les instruments de son succès.


1. Adrien-Louis-Marie Cavelier (1785-1867)
Corbeille
Aquarelle
Collection particulière
Photo : Sotheby’s

2. Auguste Garneray (1785-1824)
Sucrier
Aquarelle
Collection particulière
Photo : Sotheby’s


3. Adrien-Louis-Marie Cavelier (1785-1867)
Berceau du Roi de Rome
Aquarelle
Collection particulière
Photo : Sotheby’s

Si les collections publiques françaises sont relativement bien dotées en pièces d’orfèvrerie exécutées par elle, aucune ne possède un ensemble de dessins de Jean-Baptiste-Claude Odiot. Il existe bien des dessins de cette maison (musée d’Orsay, bibliothèque Jacques Doucet), mais ils ne constituent pas un ensemble aussi cohérent que celui qui est aujourd’hui à vendre chez Sotheby’s Londres. Ce dernier est en effet constitué de 176 pièces, réalisées par les donneurs de modèles de la période la plus productive de la manufacture (Directoire, Consulat et Empire), tels Pierre-Paul Prud’hon, Jean-Guillaume Moitte, Auguste Gameray (ill. 1, 2 et 3), Charles Moreau, etc. Il permet de juger de l’extrême qualité et diversité des modèles, qu’il s’agisse de pièces décoratives ou utilitaires.


4. Charles Moreau et
Auguste Garneray (1785-1824)
Projet pour une fontaine à thé
Collection particulière
Photo : Sotheby’s

5. Jean-Baptiste-Claude Odiot (1763-1850)
Fontaine à thé
Argent
Paris, Musée des Arts Décoratifs
Photo : Musée des Arts Décoratifs


L’acquisition d’un véritable fonds « Odiot » par le musée des Arts Décoratifs n’est donc pas simplement souhaitable elle est primordiale, tant pour le patrimoine français que pour les musées d’arts décoratifs. Elle est, de surcroît, parfaitement cohérente avec les collections du musée des Arts Décoratifs, puisque ce dernier possède les 32 modèles d’orfèvrerie offerts par Jean-Baptiste-Claude Odiot au Gouvernement en 1819. Le budget est certes considérable – 1 300 000 euros – mais l’enjeu est de taille et les avantages fiscaux liés aux dons aux sociétés (l’ensemble a obtenu le statut d’œuvre d’intérêt patrimonial majeur) suffisamment importants pour que l’on puisse espérer que de généreux mécènes s’engageront dans cette aventure.

English version


Didier Rykner, lundi 26 janvier 2009


P.-S.

1. Le 13 août 2009, le ministère de la Culture a fait paraître un avis d’appel à mécénat pour cet ensemble de dessins. Le prix est désormais fixé à 1 200 000 € au lieu des 1 300 000 € à l’origine.

2. Le fonds Odiot a finalement été acquis par le musée (voir brève du 22/12/2009)



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