Récentes acquisitions napoléoniennes du Musée Fesch


21/10/17- Acquisitions - Ajaccio, Musée Fesch - Le Musée Fesch s’est enrichi ces deux dernières années d’un nombre important de tableaux et de dessins, dont certains sont destinés à être exposés dans le futur musée Napoléon en cours de création, qui s’installera au rez-de-chaussée et au premier étage de l’actuelle mairie (nous reviendrons plus en détail sur ce projet). Beaucoup de ces œuvres ont pu être acquises par la Ville d’Ajaccio lors de la vente de la collection Forbes chez Osénat à Fontainebleau en mars 2016 où d’autres musées avaient déjà effectué des achats (voir la brève du 4/4/16 et cet article), d’autres sont des dons. Ces nouvelles acquisitions portent sur le Premier et sur le Second Empire.


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1. Jean-Baptiste Greuze (1725-1805)
Portrait de Napoléon Bonaparte en habit de Premier
Consul, avec la ville d’Anvers en décor de fond
, 1803
Huile sur toile - 73 x 59,5 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Didier Rykner
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2. Jean-Baptiste Greuze (1725-1805)
Portrait de Napoléon Bonaparte en habit de Premier
Consul, avec la ville d’Anvers en décor de fond

Huile sur toile - 242 x 177 cm
Versailles, Musée national du château de Versailles
Photo : RMN-GP/G. Blot
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Le tableau sans conteste le plus important est une esquisse de Jean-Baptiste Greuze (ill. 1) pour son portrait de Bonaparte commandé par Vivant-Denon. Celui-ci avait en effet, demandé à cinq peintres, Greuze, Ingres, Meynier, Benoist et Lefèvre autant de portraits du Premier Consul pour respectivement Anvers, Liège, Bruxelles, Gand et Dunkerque.
Il est probable que ce petit tableau est le modello de présentation pour validation ; cependant, le tableau définitif ne fut finalement jamais livré par Greuze. Aujourd’hui conservé à Versailles (ill. 2), il a probablement été terminé par la fille de l’artiste1. Cette acquisition a été faite auprès de la galerie Hazlitt, Gooden & Fox dont le propriétaire, John Morton Morris, a fait don de la moitié de la valeur. Le reste de la somme a été financé par la Ville d’Ajaccio, le Fonds régional d’acquisition des musées et le Fonds du patrimoine.


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3. Claude-Marie Dubufe (1790-1864)
Bonaparte en uniforme d’officier de volontaires,
étudiant une carte
, 1844
Huile sur toile - 65 x 63 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Osenat
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4. Denzil Ibbetson (1775-1857)
L’Empereur Napoléon Ier sur son lit de mort, 1844
Huile sur toile - 40 x 57 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Osenat
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Un autre portrait de Bonaparte, rétrospectif cette fois puisqu’il a été peint en 1844 par Claude-Marie Dubufe (ill. 3), a été acquis à la vente Forbes pour 12 000 € (hors frais). Il le représente en costume d’officier volontaire du 2ème bataillon corse où le futur empereur était alors lieutenant-colonel.
Dans la même vacation, le musée achetait également (pour 6 000 € hors frais) un des portraits de Napoléon sur son lit de mort par Denzil Ibbetson (ill. 4). Nous avions déjà évoqué cette image étonnante, à propos d’une autre version présentée à Paris-Tableau.


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5. François-Edmé Ricois (1795-1881)
Tombeau de Napoléon à Sainte Hélène dans
la vallée du Géranium, 1829
Huile sur toile - 23 x 29 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Didier Rykner
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6. Jean-Baptiste Geoffroy (1769-1845)
Vue du jardin des Tuileries, vers 1800
Aquarelle - 18 x 24 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Musée Fesch
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Le tombeau de Napoléon est évoqué dans un paysage, un peu naïf mais charmant, peint par François-Edmé Ricois (ill. 5), généreusement offert par John Morton Morris grâce à qui avait déjà pu être acquise l’esquisse de Greuze
Un autre paysage représentant le jardin des Tuileries vers 1800 (ill. 6), à l’aquarelle cette fois, est dû à Jean-Baptiste Geoffroy, artiste dont on ne sait à peu près rien mais dont des œuvres passent parfois en vente. Il a été offert par les amis du musée.


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7. Joseph Chabord (1786-1848)
Portrait de Pascal Paoli, vers 1820
Huile sur toile - 64 x 53 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Musée Fesch
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Le grand rival de Bonaparte en Corse, Joseph Paoli, est représenté dans un tableau par Joseph Chabord (ill. 7), peintre d’histoire élève de Jean-Baptiste Regnault. L’œuvre avait été commandée vers 1820 par le comte Charles-André Pozzo di Borgo. Le modèle étant mort en 1807, il s’agit là encore d’un portrait rétrospectif.


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8. France, XIXe siècle
Portrait en pied de Louis-Napoléon
Bonaparte en officier d’Artillerie

Huile sur toile - 141 x 116 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Musée Fesch
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9. Isidore Pils (1813-1875)
Portrait du prince Jérôme Napoléon, dit Plon-Plon
Mine de plomb et rehaut de craie - 30 x 23 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Osénat
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Le futur Napoléon III est représenté en pied en officier d’artillerie, devant des rochers battus par la mer, dans un joli tableau anonyme (ill. 8) acheté 7 000 € sans les frais à la vente Forbes.
Cette dernière œuvre fait le lien avec celles concernant le Second Empire, au nombre de quatre. Un dessin d’Isidore Pils (ill. 9) est une étude de la tête de Napoléon-Jérôme Bonaparte, fils de Jérôme, neveu de Napoléon Ier et cousin germain de Napoléon III, mieux connu sous le sobriquet de Plon-Plon. Cette feuille (achetée après la vente Forbes) est préparatoire à un tableau conservé au Musée Fesch : Le débarquement des troupe en Crimée.


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10. Adolphe Yvon (1817-1894)
Le prince impérial offrant une collation aux enfants
Huile sur panneau - 39 x 32 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Osénat
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11. Johann Mongels Culverhouse (1820-1891)
L’empereur Napoléon III, l’impératrice Eugénie et la
cour, patinant lors d’une retraite au bois de Boulogne

Huile sur toile - 65 x 96 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Musée Fesch
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Deux autres tableaux viennent encore de cette vente. L’un (4 200 € hors frais) est une esquisse pour un tableau disparu d’Adolphe Yvon (on en connaît une photographie du XIXe siècle) : Le prince impérial offrant une collation à des enfants scène de charité édifiante se déroulant en 1860 (ill. 10). L’autre montre Napoléon III et la Cour patinant au Bois de Boulogne à la lueur des flambeaux par Johan-Mongels Culverhouse (ill. 11), peintre d’origine néerlandaise né à Rotterdam qui fit carrière aux États-Unis (acquis 10 000 € sans les frais). Les peintures de cet artiste qu’on trouve sur internet montrent qu’il était spécialisé dans ces scènes nocturnes éclairées par une multitude de sources de lumières. Il


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12. Félix Philippoteaux (1815-1884)
Mariage de Napoléon III et Eugénie, 1853
Crayon et gouache blanche - 13,5 x 9,5 cm
Ajaccio, Musée Fesch
Photo : Musée Fesch
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Nous conclurons cet article sur un dessin de Félix Philippoteaux, offert par les amis du musée, représentant le mariage de Napoléon III et d’Eugénie, à Notre-Dame le 30 janvier 1853 (ill. 12). Philippoteaux, élève de Léon Cogniet, fut notamment un spécialiste de peintres de batailles, souvent en rapport avec l’épopée napoléonienne.


Didier Rykner, samedi 21 octobre 2017


Notes

1Voir la présentation de cette acquisition dans le n° 6 du bulletin d’information du Palais Fesch.





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