Récentes acquisitions du XIXe siècle au Musée Fabre


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1. Alexandre Cabanel (1823-1889)
Michel-Ange visité dans son atelier par Jules II
Huile sur toile - 63 x 103 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre/F. Jaulmes

11/10/16 - Acquisitions - Montpellier, Musée Fabre - D’Alexandre Cabanel, à qui une salle est entièrement dédiée, le musée a pu acheter d’un collectionneur privé italien (via la Casa d’Aste Capitolium Art de Brescia), une scène de la vie d’un artiste comme les affectionnait les peintres du XIXe siècle (ill. 1). Si la rencontre entre Michel-Ange et le pape pour qui il peignit le plafond de la Sixtine est fréquemment représentée, c’est souvent plutôt l’épisode légendaire où Jules II ramasse le pinceau du sculpteur (Pierre-Nolasque Bergeret, par exemple, au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux).
Ici, le pape n’est qu’une figure discrète, à l’arrière-plan, qui entre dans l’atelier de Michel-Ange alors que celui-ci est absorbé dans la contemplation de son Moïse. Plusieurs autres œuvres majeures se trouvent dans le tableau : les deux esclaves aujourd’hui au Louvre qui, comme Moïse, étaient destinés au tombeau de Jules II, la Pietà du Vatican, ainsi qu’un tableau où sont esquissées quelques figures du Jugement dernier. Cabanel se soucie peu ici, dans sa volonté de représenter le génie à l’œuvre, de vraisemblance historique. En effet, la Pietà date de 1498-1499 et ne peut donc se trouver en même temps dans l’atelier du sculpteur que les esclaves et le Moïse, commencés en 1513, ou qu’une esquisse du Jugement dernier qui ne lui fut commandé qu’en 1532. Le pape lui même, mort en 1513, n’a pas connu les deux esclaves ni le Moïse qui étaient destinés à son tombeau, et encore moins le Jugement dernier.
Ce tableau, exposé au Salon de 1857, donna lieu à l’édition de gravures pour la maison Goupil.

Si Cabanel, comme d’autres montpelliérains (Bourdon, Raoux, Fabre, ou Bazille notamment), a déjà eu droit à sa rétrospective au Musée Fabre, Auguste Glaize, moins célèbre que ceux-ci il est vrai, n’a pas encore eu cette chance. Le musée ne le néglige pourtant pas comme le prouve un achat récent après d’un collectionneur particulier. Cette petite toile (ill. 2) montre des jeunes femmes et des enfants sur une plage. Le Musée Fabre conserve plusieurs tableaux de ce peintre d’histoire et portraitiste qui fut proche d’Alfred Bruyas, mais n’avait pas encore de scène de genre comme celle-ci. Le coloris et les figures ne sont pas sans rappeler le style des deux frères Devéria, Eugène et Achille, dont Glaize fut l’élève.


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2. Auguste-Barthélémy Glaize (1807-1893)
Baigneuses à Palavas
Huile sur toile - 70 x 54 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre/F. Jaulmes
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3. Dominique Papety (1815-1849)
Tête d’italienne
Huile sur toile - 23,5 x 25 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre/F. Jaulmes

Dominique Papety n’est pas originaire de Montpellier, mais de Marseille. Le Musée Fabre conserve cependant de sa main plusieurs œuvres, la plupart léguées par Alfred Bruyas et François Sabatier. En 2011 et 2012, un tableau et une aquarelle sur le sujet des femmes grecques à la fontaine étaient entrés par dons (voir la brève du 18/2/13). En 2015, une petite huile sur toile (ill. 3), Tête d’italienne (ou de femme grecque tant elle leur ressemble), a été acquise de la galerie La Nouvelle Athènes, à Paris.


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4. Max Leenhardt (1853-1941)
Elle a donné sa vie, 1908
Huile sur toile - 180 x 300 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre/F. Jaulmes
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5. Max Leenhardt (1853-1941)
Elle a donné sa vie, 1927
Huile sur toile - 80 x 200 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre/F. Jaulmes

Terminons cette dernière brève consacrée aux récentes acquisitions du Musée Fabre (en attendant les prochaines, très rapidement) avec deux grandes toiles préemptées chez Vedovato et Artcurial à Toulouse le 9 décembre 2015, par Max Leenhardt. Lui aussi natif de Montpellier, cousin de Frédéric Bazille et élève de Cabanel, Leenhardt peignit essentiellement des portraits, des scènes de genre et des paysages inspirés du Languedoc. La scène de vendanges (ill. 4), traitée d’une manière réaliste, évoque l’art de peintres tels que Debat-Ponsan ou Lhermitte. L’autre tableau, Elle a donné sa vie (ill. 5), montre un autre aspect de Leenhardt, le Symbolisme, qui n’était jusqu’à présent pas représenté au musée.


Didier Rykner, mardi 11 octobre 2016





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