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Réapparition et disparition d’une Crucifixion proche de Le Brun

Ayant suivi de près l’affaire que Denis Coekelberghs relate dans cet article, et celle-ci concernant un enrichissement - pour l’instant contrarié - d’un musée français, nous le publions ici (et en accès libre) en espérant que ce tableau - volé ou égaré - sera retrouvé et pourra intégrer ainsi la collection du Musée du Grand Siècle. Il sera quoi qu’il en soit désormais impossible à négocier de bonne foi.

Il y a quelques années de cela, je remarquais dans une salle de vente un tableau religieux de petit format, aux couleurs vives, de belle facture, présenté comme œuvre d’un certain « Frater Thys » et datée de 1681. Signature et date disparurent sans surprise dès un premier nettoyage. Stylistiquement, ni l’origine flamande ni la date ne pouvaient évidemment convenir pour identifier cette Crucifixion qu’il n’était pas très compliqué de rattacher à la peinture française du début du XVIIe siècle et plus précisément à Charles Le Brun ou son entourage. L’existence de gravures et dessins en apportèrent rapidement la confirmation.


École française du XVIIe siècle (entourage de Charles Le Brun)
La Crucifixion avec saint Jean-Baptiste
Huile sur toile - 62 x 47 cm
Collection particulière, disparu avant son don au Musée du Grand Siècle
Photo : Artcurial
Voir l´image dans sa page

Le lecture de la littérature sur le sujet me permit aussi de me tourner vers Nivelon, le biographe de Le Brun, et de découvrir chez ce dernier la description d’une Crucifixion peinte par l’artiste durant ses années romaines. Les parallèles entre le tableau découvert et les propos de Nivelon ne manquaient dès lors pas de faire grandir encore davantage l’envie d’en savoir plus. Nombre de concordances apparaissaient clairement. Néanmoins une différence importante apparaissait car Nivelon fait état d’une composition à 6 personnages... alors que l’on n’en dénombre que 5 ici. Une radiographie eut tôt fait d’apporter la réponse à cette apparente discordance. Cachée par un surpeint, la figure agenouillée de saint François d’Assise se devine au pied de la croix, au côté de celle de saint Jean-Baptiste. Elle correspond bien à ce qu’écrit Nivelon : « Saint François, dont le Grand maître portait le nom, y est représenté embrassant le bas de la croix, pour exprimer les saints vœux de ce grand chef de l’ordre des croisés ». Il s’agit donc clairement d’un repentir, souvenir d’une composition…

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