Quoi de neuf au Musée Ingres ? Contenu abonnés


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1. Julie Forestier (1782-1849 ?)
Copie de l’Autoportrait d’Ingres de 1804, vers 1806-1807
Huile sur toile - 65 x 53 cm
Montauban, musée Ingres (acquis en 2004)
Photo : Blondeau-Bréton

Dans le déferlement toujours très orchestré des expositions, ces grandes coqueluches de notre vie artistique et culturelle, on aura sans doute prêté peu d’attention à deux manifestations apparemment fort localistes et tout bonnement intitulées Quoi de neuf au musée Ingres ? – Mais aux éclairants sous-titres : 2003-2013 / 10 ans d’acquisitions pour l’une, 10 ans de restaurations pour l’autre. La démarche mérite éloge, ne serait-ce que pour contredire la crise existentielle – n’ayons pas peur des grands mots ! – qui est en train d’affecter nos musées, oblitérant leur mission, autrement dit leur raison d’être1. Quelle bonne surprise, alors, que des catalogues d’exposition soient pour une fois simplement voués à une tâche muséale. La belle affaire, persifleront certains2, qu’un musée ne croit pas devoir déroger en se faisant fort d’engranger, montrer et de surcroît publier son patrimoine !

À dresser un tel bilan, le musée Ingres fait acte de courage et de lucidité. On connait l’antienne : le musée qui n’acquiert pas, meurt ou tout au moins recule puis sombre dans l’oubli. Mais comment faire lorsqu’il s’agit d’un musée (prestigieusement) dénommé « Musée Ingres » ? Car il ne faut pas bien sûr s’attendre à ce qu’il ait pu s’enrichir d’un nouveau tableau du maître (mais il l’a fait en dessin). Occasions rarissimes, inaccessibles prix, il n’est que de songer aux moyens d’une ampleur inouïe que Louvre et État ont dû déployer pour mettre à la disposition du public les insignes Ferdinand d’Orléans et Comte Molé. Du festin ingriste, à présent, ne restent pour ainsi dire que des miettes, le plus souvent des versions ou répétitions d’œuvres déjà connues3. Pour ne prendre qu’un récent exemple, faut-il vraiment regretter pour le patrimoine montalbanais (et français !) le Don Pedro de Tolède baisant l’épée de Henri IV, de 1820, depuis 2009 à Abu Dhabi4, lequel avait été peint, ironie de la chose, pour un amateur de Montauban (M. Graves), alors même que deux autres exemplaires (avec variantes) sont conservés dans des musées français : l’un de 1819, au musée du château de Pau, révérence au Béarnais oblige, et l’autre de 1831, au Louvre, d’un grand charme de couleurs, sans doute la plus séduisante de toutes les versions ?


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2. Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Autoportrait à l’âge de vingt-quatre ans (1804)
Sans doute peint vers 1849-1851
Huile sur toile - 77 x 61 cm
Chantilly, musée Condé
Photo : RMN-Grand Palais / Harry Bréjat
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3. Charles Marville (1813-1879)
Photographie de l’Autoportrait d’Ingres de 1804
Vers 1849
Collection particulière
Photo : D.R.

Du moins le musée Ingres a-t-il su, en 2004, profiter de l’occasion offerte par le marché d’art en France pour se porter acquéreur d’une exceptionnelle rareté ingresque (ill. 1), presque une relique pour un musée…

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