
1. Marc Arcis (1652-1739)
Buste du prophète Elisée
Terre cuite - 13 x 11 x 45 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins / D. Martin
23/4/09 – Acquisitions, publication et exposition – Toulouse, Musée des Augustins – Les musées toulousains sont décidément très actifs. Alors que Paul-Dupuy expose ses récentes acquisitions de dessins (voir brève du 28/3/09), celui des Augustins fait le bilan de ses enrichissements en peintures et sculptures depuis 1985. En vingt-cinq ans, le résultat est impressionnant. La grande majorité des œuvres sont dues à des artistes originaires du Languedoc et de Toulouse ou ayant travaillé dans la région. Ainsi se dessine une politique cohérente dont nous citerons ici les principaux éléments.
La collection de peintures italiennes du musée a fait l’objet d’un catalogue raisonné en 2003 (voir la recension). Celui-ci n’a pas pu prendre en compte l’achat d’un Gioacchino Assereto, Saint Marc Evangéliste, auprès de la galerie Canesso, effectué quelques mois plus tard (voir brève du 20/2/04), ni le Baciccio dont nous avions aussi parlé sur ce site (voir brève du 12/6/06). Il s’agit des seuls enrichissements en œuvres étrangères, avec le panneau de Ferdinand Storm (voir brève du 15/3/08).
Si les deux tableaux de Nicolas Tournier (Saint Paul et Un Soldat), entrés en 1991, sont bien connus, notamment grâce à la rétrospective organisée par le musée des Augustins en 2001, ceux d’Hilaire Pader, un autre peintre toulousain du XVIIe, acquis en 2004 et 2006, le sont nettement moins. Il s’agit respectivement d’une Allégorie de la Charité de 1671 et d’un Supplice de Prométhée, offert par l’Association des Amis du musée des Augustins. Parmi les autres artistes locaux actifs aux XVIIe et XVIIIe siècle, Marc Arcis pour la sculpture (ill. 1) et Antoine Rivalz pour la peinture ont fait l’objet de plusieurs achats. Trois terres cuites du premier sont entrées en 1993, 1995 et 2002, tandis que cinq œuvres du second étaient acquises entre 1985 et 2008, la dernière, Saint Michel terrassant les anges rebelles, ayant été signalée ici (voir brève du 20/12/08).

2. Jean-Baptiste Despax (1710-1773)
L’Adoration des bergers
Huile sur toile - 59 x 76 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins / D. Martin

3. Jacques Gamelin (1738-1803)
La Mort d’un guerrier antique, 1797
Huile sur toile - 34 x 50 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins / B. Delorme
Deux tableaux de Jean-Baptiste Despax sont venus accroître la collection, dont une très jolie Adoration des bergers en 1998 (ill. 2) ainsi que deux Jacques Gamelin dont l’un, pourtant acheté en 1985 auprès de la galerie Hahn, n’avait jamais été publié ni même inventorié (ill. 3) ! En 2006, le musée a reçu un don du Docteur Roger Trémoulet et de son épouse, un Portrait de Louis de Mondran attribué à François Bertrand, un peintre toulousain dont on ne connaît qu’une œuvre sûre, le Portrait de l’Abbé Bertrand, déjà conservé au Musée des Augustins. Pour les autres œuvres antérieures au XIXe siècle, on renverra vers les brèves déjà signalées (notons tout de même, par un artiste non languedocien, d’une esquisse de Jean-Baptiste Deshays, Briséis entraîné de la tente d’Achille, acquis en 2000).

4. Joseph Roques (1754-1847)
Saint Antoine Abbé
Huile sur toile - 64 x 42 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins / B. Delorme

5. Baron Louis-François Lejeune (1775-1848)
La Cascade du lac d’Oô,
près de Bagnères-de-Luchon
Huile sur toile - 181 x 152 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins / D. Martin
La section consacrée au XIXe est particulièrement conséquente. Le buste de Jean-Antoine Chaptal, par Philippe-Laurent Roland, daté de 1802, relève encore d’une esthétique du siècle précédent. Quant à Joseph Roques, dont la vie se partage à égalité entre le XVIIIe et le XIXe, ses descendants ont vendu en 1988 pas moins de douze tableaux au musée, dont une série de sept grandes esquisses préparatoires aux peintures du chœur de l’église de la Daurade de Toulouse, réalisées entre 1810 et 1820 et un Saint Antoine Abbé jusqu’ici inédit (ill. 4).
En 2000, un très beau paysage de Louis-François Lejeune (ill. 5) a été acquis. Le baron Lejeune, dont les œuvres sont particulièrement bien représentées à Versailles, fut conservateur du musée et maire de Toulouse ; il s’agit du premier tableau de celui-ci à entrer aux Augustins.

6. Romain Cazes (1808-1881)
L’Âme exilée, 1838
Huile sur toile - 124 x 146 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins / D. Martin
On signalera aussi quelques beaux portraits, tels les deux tableaux du peu connu Philippe Peyrane (1780-1865) ou celui de la Comtesse Charles de Bertier de Sauvigny par Pierre Pichon (en 1987). L’Ingrisme est encore mal représenté à Toulouse (ce qu’Axel Hemery explique par la proximité du musée de Montauban). Dix ans après le Pichon, en 1997, le musée a cependant acquis un superbe Romain Cazes, L’Âme exilée, exposé au Salon de 1838 (ill. 6).

7. Sylvestre Clerc (1892-1958)
Légendes antiques I, 1932-1933
Plâtre en trois parties - 60 x 366 x 10,5 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins / D. Martin
La seconde moitié du XIXe est riche de plusieur tableaux ou esquisses de Benjamin-Constant, un artiste auquel Axel Hemery aimerait consacrer une exposition et de nombreuses sculptures : des bronzes par Alexandre Falguière, Théodore Rivière ou Jean-Antoine Injalbert, ainsi qu’un buste en terre cuite par Emile Bourdelle, donné en 1988 par M. et Mme Olivier Dupeyroux. On admirera enfin, pour le XXe siècle, une dizaine de sculptures du toulousain Sylvestre Clerc achetées en vente publique en 1996 lors de la dispersion de son fonds d’atelier (ill. 7).
