Prochaine restauration du chœur de la cathédrale d’Albi


1. Cathédrale d’Albi
Photo : Wikimedia Commons
Ictinos 34/Licence Creative Commons

10/6/11 - Patrimoine - Albi, Cathédrale - Après avoir annoncé la restauration de la galerie des Carrache au Palais Farnèse (voir l’article), le World Monuments Fund Europe s’engage sur deux nouveaux projets : le salon Rico du palais de la Medina Al-Zahra, en Andalousie, édifiée au Xe siècle sous le califat d’Abd Al-Rahman III, et le chœur de la cathédrale d’Albi cité épiscopale inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis juillet 2010.

Construits entre 1474 et 1483 à la demande de l’évêque Louis Ier d’Amboise, le chœur de la cathédrale d’Albi et son extraordinaire jubé en dentelle de pierre ont miraculeusement échappé aux destructions de la Révolution - ils furent alors ardemment défendus par Jean-François Mariès – puis aux modifications stylistiques et architecturales prévues par les Albigeois, découragés au fil du temps par le manque d’argent.
Chef-d’œuvre du gothique méridional, la cathédrale comporte une nef unique, sans transept ni déambulatoire, ce qui laisse penser que son architecte pourrait être l’Espagnol Pons Descoyl. Forteresse en briques, son apparence extérieure (ill. 1) contraste avec la préciosité de son décor intérieur : les peintures de la voûte révèlent une influence italienne, la fresque du Jugement dernier répond à une influence flamande et plus de 250 statues dues à des sculpteurs bourguignons ornent la clôture de chœur (ill. 2 à 4). L’Ancien Testament est incarné à l’extérieur du chœur par des prophètes, auxquels font écho, à l’intérieur, les statues des apôtres et d’anges musiciens au-dessus des stalles de bois.


2. Jubé de la cathédrale d’Albi
vu de l’intérieur du chœur
Photo : World Monument Fund Europe

3. Vue de l’intérieur du chœur
de la cathédrale d’Albi
Photo : World Monument Fund Europe


4. Anges musiciens à l’intérieur du chœur
de la cathédrale d’Albi
Photo : World Monument Fund Europe

Cet ensemble souffre d’un empoussièrement sévère ; les anges présentent des cassures et une polychromie altérée. L’Etat français avait déjà entrepris des restaurations du clocher, du baldaquin, de deux tribunes et de la salle du trésor, mais pas de l’espace sacré. La campagne, qui portera sur l’ensemble de la clôture du chœur et de ses décors de pierre, devrait commencer avant la fin de l’année 2011 et durer un an ; elle sera financée pour un coût de 700 000 € par le WMF Europe avec la collaboration du WMF France et de la Fondation Daniel et Nina Carasso.

Le site archéologique de la Medina Al-Zahra avait fait l’objet de plusieurs fouilles au cours desquelles des éléments décoratifs sculptés avaient été découverts et réintégrés à l’ensemble, mais avec des erreurs. Il s’agit aujourd’hui de les étudier et de retrouver leur place originelle. Pour ce faire, le WMF Europe apporte 500 000 € ; les travaux devraient commencer cette année et durer deux ans.

Le président du WMF Europe, Bertrand de Vignaud, a insisté sur le fait que la fondation souhaite des interventions rapides et efficaces, exclusivement sur des monuments ouverts au public, signalant que lorsque les campagnes de restauration tardent à commencer pour des raisons injustifiées, il leur arrive de retirer leur mécénat.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 10 juin 2011



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