Préemptions pour le Louvre, Carnavalet, Versailles et le musée de Sceaux à la vente Rossignol


16/12/05 – Acquisitions - Musées français - Le 14 décembre, Artcurial dispersait aux enchères à l’Hôtel Dassault la collection réunie par Jean Rossignol (1908-1984), essentiellement consacrée au XVIIIe siècle français. Lors de cette vente, plusieurs musées français ont fait usage du droit de préemption.

1. Philibert-Louis Debucourt (1755-1832)
La façade du Louvre vue de la rue Fromenteau
Huile sur toile - 50 x 61cm
Préempté par le musée du Louvre
Photo : Artcurial

2. Pierre-Antoine Demachy
La démolition des maisons du Pont au Change
Huile sur toile - 42,7 x 66,4 cm
Préempté par le musée du Carnavalet
Photo : Artcurial


Le Louvre a acquis un tableau de Philibert-Louis Debucourt (1755-1832), La façade du Louvre vue de la rue Fromenteau (ill. 1) pour la somme de 76.460 € (avec les frais). Cette toile viendra enrichir la section consacrée à l’histoire du musée (dont on aimerait qu’elle soit ouverte plus fréquemment). Elève de Vien, Debucourt fut peintre mais surtout graveur. Cette vue du Louvre est fort proche des œuvres de Pierre-Antoine Demachy.
C’est d’ailleurs de ce dernier artiste, représenté par quatre vues de Paris (dont une imaginaire) dans la collection Rossignol, qu’a été préemptée par le musée Carnavalet La démolition des maisons du Pont au Change (ill. 2). Elle ira rejoindre la trentaine de toiles de Demachy déjà conservées dans le musée parisien, plusieurs représentant des démolitions d’édifices, un véritable sous-genre du paysage urbain, dont le plus brillant représentant fut Hubert Robert.


3. Jean-François Garneray (1755-1837)
Louis XVI au Temple
Huile sur toile - 32 x 23 cm
Préempté par le musée Carnavalet
Photo : Artcurial


Le musée de l’histoire de Paris a également choisi un tableau de Jean-François Garneray représentant Louis XVI au temple (ill. 3). Elève de David, son œuvre est peu abondant et mal connu. Le musée Carnavalet conserve de sa main plusieurs portraits de l’époque révolutionnaire dont celui du maire de Paris, Jean-Sylvain Bailly.

4. Jean-Henri Riesener (1734-1806)
Coffre de voyage
58 x 52 x 35 cm
Préempté par le musée national du château de Versailles
Photo : Artcurial

5. Bernard II van Risenburgh
Commode
82,5 x 126 x 54,5 cm
Préempté par le musée de l’Ile-de-France
Photo : Artcurial


Deux meubles prestigieux ont également trouvé leur place dans des musées français. Le château de Versailles s’est enrichi d’un beau coffre de voyage, dû à l’ébéniste Jean-Henri Riesener et exécuté pour Marie-Antoinette (ill. 4), et le musée de l’Ile-de-France à Sceaux d’une commode de BVRB, c’est-à-dire Bernard II Van Risenburgh, provenant du château de Sceaux (ill. 5). Selon l’avis de la Commission consultative des trésors nationaux (son certificat d’exportation avait été refusé) : « elle constitue, avec son décor gravé, un des rares exemplaires connus de cet artiste recouverts de laque ancienne de Coromandel ; sa réalisation précoce, autour de 1735, en fait un prototype de meuble du début du style rocaille ; cette commode, revêtue de la marque de Sceaux, a une provenance prestigieuse attestée puisque, livrée par le marchand-mercier Hébert pour le « Cabinet de la Chine » installé au château de Sceaux, elle a appartenu à la duchesse du Maine, personnage important du début du xviiie siècle et manifestant un intérêt marqué pour les modes novatrices de son époque ; conservée dans un état remarquable, malgré sa fragilité, elle constitue un témoignage capital de l’essor du style rocaille, particulièrement important pour l’histoire du mobilier français  ».


Didier Rykner, vendredi 16 décembre 2005



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