Préemption d’un tableau de Jean-Baptiste Mallet par le Musée Cognacq-Jay


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Jean-Baptiste Mallet (1759-1835)
L’heureuse famille, 1792
Gouache - 26 x 36 cm
Paris, Musée Cognacq-Jay
Photo : Sotheby’s

20/3/15 – Acquisition – Paris, Musée Cognacq-Jay – C’est une ravissante gouache sur papier de Jean-Baptiste Mallet qu’a préempté le Musée Cognacq-Jay hier lors de la vente Dillée chez Sotheby’s Paris, pour 9 375 € avec les frais.

Né sous Louis XV et mort sous Louis-Philippe, Mallet fait partie de ces artistes qui échappèrent en partie au néoclassicisme, passant d’une manière sentimentale à la Greuze, encore très XVIIIe siècle, au style troubadour comme en témoigne par exemple Héloïse à l’abbaye du Paraclet ou La salle de bains gothique.
Le sujet de cette œuvre acquise par le musée parisien fait évidemment penser à Greuze. Celui-ci est d’ailleurs l’auteur d’un dessin conservé à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg portant le même titre. Il faut également remarquer, comme le fait le conservateur Benjamin Couilleaux1, que le Musée Cognaq-Jay conserve un dessin de même sujet par Fragonard, né comme Mallet à Grasse. Remarquons enfin que ce dernier est aussi proche de Louis-Léopold Boilly par la manière très précise et porcelainée, inspirée par la peinture hollandaise du XVIIe siècle, avec laquelle il peint ses œuvres à l’huile.
On retrouve ici ce même style très léché mais avec la technique de la gouache. On admirera la manière dont sont rendues les matières, les étoffes notamment telle celle qui recouvre la table où travaille la femme à droite. La scène est purement de fantaisie. La famille heureuse, le père et la mère avec leur jeune enfant à qui celle-ci donne à manger, est manifestement d’une classe sociale élevée comme le montre le raffinement de leurs costumes. Pourtant, la scène se passe dans ce qui ressemble aux ruines d’un temple grec ou romain au toit à ciel ouvert, un lit défait se trouvant à gauche dans une niche s’ouvrant entre deux colonnes. L’attitude de l’enfant semble répondre à la statue antique. L’ensemble fait penser à un décor en trompe l’œil à la Clérisseau, à moins qu’on ne soit ici sur la scène d’un théâtre.

L’œuvre, signée de 1792, est l’une des premières connues de Mallet. Elle semblait faite pour les collections du Musée Cognacq-Jay. Elle viendra y rejoindre les dix gouaches et la petite huile sur toile de cet artiste qu’il conservait déjà.


Didier Rykner, vendredi 20 mars 2015


Notes

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