Précisions sur la restauration des sculptures de la chapelle de Versailles


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Sculptures surplombant la chapelle de Versailles
Photo : Didier Rykner
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31/1/17 - Patrimoine - Versailles, château - Nous avons écrit récemment un article consacré à la restauration à venir des sculptures de la chapelle de Versailles, en nous inquiétant de ce chantier dont nous estimons qu’il devrait donner lieu au remplacement des œuvres par des copies ou des moulages, afin de stopper leur dégradation. Nous avions alors interrogé l’établissement public, qui ne nous avait pas répondu. Nous n’avions donc pas pu connaître les positions respectives de la conservation, de la présidence ou de l’architecte en chef sur cette question qui nous semble cruciale.

Nous avions donc dû baser notre texte sur les éléments dont nous disposions. Et si notre position n’a pas changé - nous pensons plus que souhaitable de mettre à l’abri les originaux - il nous faut corriger un point, grâce aux précisions apportées par la CRMH d’Île-de-France : la décision de restaurer, et non de remplacer les œuvres n’a pas été celle de l’architecte en chef des monuments historiques, qui dans son étude préalable n’avait pris aucune position en ce sens, ni d’ailleurs dans l’autre, préférant de manière pragmatique décider de la dépose ou non des sculptures en fonction de leur état. La commission nationale des monuments historiques, section travaux, a suivi cette position. Un scan 3D de toutes les sculptures sera fait afin de pouvoir, si besoin est, en faire des copies.
Pour la commission et la CRMH, il est souhaitable de laisser les autres en place, pour des raisons d’authenticité. Si nous ne partageons pas cette position, sachant que l’authenticité de Versailles devrait être défendue sur bien d’autres chantiers, il faut lui reconnaître qu’elle est plus raisonnable que celle de ne rien remplacer.
Il est également vrai que déposer des sculptures n’est pas tout : encore faut-il avoir, dans ce cas une politique de présentation des œuvres ainsi retirées de leur contexte, ce qui n’est hélas pas le cas de Versailles, pour dire le moins : quand aurons-nous enfin ce musée de l’œuvre qui était évoqué il y a quelques années ? Il est évident que déposer des sculptures dans une réserve pour finir par les oublier serait une tout aussi mauvaise solution.

Espérons que cette politique incohérente qui veut qu’on fasse du faux à hauteur d’homme et qu’on refuse, sous prétexte de vérité, de protéger des œuvres qu’on ne fait qu’entrapercevoir, cette politique qui cache au public des sculptures qui feraient la richesse de n’importe quel musée (voir par exemple cet article) cesse enfin. L’arrivée de Laurent Salomé à la tête de la conservation est peut-être une occasion de rendre enfin Versailles un peu plus vertueux qu’il ne l’a été ces dernières années.


Didier Rykner, mardi 31 janvier 2017





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