Poussin et la recherche. A scholar day at the Met Contenu abonnés


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1. Journée d’étude Poussin au Metropolitan Museum
Photo : O. Bonfait
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Bien souvent, les expositions ne sont pas seulement l’occasion de déplacer les œuvres pour les mettre côte à côte, mais aussi de faire bouger les chercheurs, en les réunissant pour deux ou trois jours, le plus souvent malheureusement dans un bocal, à coté des œuvres, et c’est ce qu’on appelle un colloque. Ce qui devrait être une occasion de rencontre et d’échange se transforme ainsi quelques fois en une suite de soliloques, les textes étant préparés avant d’avoir vu les œuvres regroupées ensemble, et les orateurs ne s’écoutant pas toujours les uns les autres.

Pour faire réfléchir sur l’extraordinaire rassemblement d’œuvres effectué par Pierre Rosenberg dans l’exposition Poussin and Nature (un titre qui échappe aux catégories de genre plus banales comme Poussin paysagiste), Keith Christiansen, qui avait monté l’exposition à New York dans une présentation superbe, a organisé un ‘scholars day’, une journée d’études devant les œuvres, qui fut, de l’avis de tous, un complet succès, et sans doute bien plus utile (et festif pour l’esprit) qu’un colloque.
Pourtant, il n’est pas évident d’engager un dialogue sur les paysages de Poussin : les dessins, dont beaucoup ont été récemment rejetés hors du catalogue, font encore l’objet d’hésitation voire de conflits pour les attributions ; certains paysages, récemment attribués par Pierre Rosenberg, ne font pas l’unanimité, d’autres voient leurs dates encore incertaines, quelques-uns bénéficient (?) de lectures iconographiques complexes qui ne convainquent pas forcément les gens des musées, et encore plus quand ce nouveau sujet implique un changement de datation ! En outre, en mettant l’accent sur les paysages des premières années, petites pochades avec vaguement quelques figures, les commissaires de l’exposition risquaient de susciter bien des débats … Débat il y eut, mais toujours constructif, sous la forme de l’échange.

Recettes

Alors, comment expliquer ce succès ? Il ne faut pas négliger certains paramètres : le « welcome » et une certaine informalité américaine font beaucoup pour donner de la fluidité amicale à ces dialogues. Quand, de l’étudiant au professeur de Columbia, tout le monde s’appelle par son prénom, cela peut faire sourire les Français habitués à la civilité du Monsieur, Madame pour les aînés ( la Sorbonne parle encore de « maître »), mais une telle attitude favorise sûrement le libre échange intellectuel (ill. 1). Echange, dialogue, car Keith Christiansen avait pris la peine d’inviter (ou de généreusement laisser venir) ses collaborateurs pour l’exposition au sein du Met, les conservateurs des musées new-yorkais et les professeurs d’universités intéressés par le sujet (David Rosand, qui connaît bien la pastorale vénitienne …, et aussi David Freedberg), mais aussi les spécialistes de Poussin de tout bord, de Ann Sutherland Harris à Jonathan Unglaub, de Elizabeth Cropper à Peter Miller. Quatre…

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