Poisson d’avril : la réalité dépasse la fiction !


Contrairement aux dix années précédentes, il n’y aura aujourd’hui (sauf idée soudaine) pas de poisson d’avril sur La Tribune de l’Art. La première raison est un manque d’inspiration certain. Les ressorts de ce genre de blague ne sont pas infinis et nous avons déjà beaucoup donné. La seconde est que la barre est désormais placée très haut, si l’on considère quelques informations récentes que nous avons apprises et qui toutes, publiées aujourd’hui, passeraient pour un canular.

Qu’on en juge plutôt :

- le 9 février, on apprend que pour protéger la tour Eiffel de la menace terroriste, celle-ci allait être entourée d’un mur en verre d’un montant de 20 millions d’euros (voir notre article). N’importe qui de sensé croirait à une plaisanterie, tant cette idée est absurde, laide, coûteuse et même dangereuse en confinant la menace si, par malheur, des terroristes venaient à s’introduire dans cette enceinte si bien protégée. Or c’est vrai, et le conseil de Paris a voté cette mesure à l’unanimité !

- le 2 mars est publié un rapport financé par le ministère de la Culture et ayant mobilisé des centaines de participants sur les Musées au XXIe siècle, où jamais on ne parle de collections et où la novlangue règne en maître (voir notre article). N’importe qui de sensé croirait à une plaisanterie. Or c’est vrai !

- le 16 mars, on apprenait qu’Audrey Azoulay était candidate à la présidence de l’UNESCO, l’organisation internationale chargée de la culture et du patrimoine. N’importe qui de sensé croirait à une plaisanterie compte tenu de son bilan au ministère. Or c’est vrai, et il paraît qu’elle a même toutes ses chances !

- le 30 mars, les ministres de la Culture du G7 se réunissent en Italie (y compris donc notre ministre) et produisent une déclaration commune portant notamment sur la « protection du patrimoine culturel ». N’importe qui de sensé croirait à une plaisanterie compte tenu du bilan patrimonial désastreux de ce ministère et de tous les précédents (sous Sarkozy comme sous Hollande). Or c’est vrai !

En matière de poisson d’avril, si nous voulons tenir notre rang, il va falloir faire preuve d’une imagination débordante les prochaines années…


Didier Rykner, samedi 1er avril 2017





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