Plus de 500 000 € déjà réunis pour le château de Paluel


20/9/17 - Patrimoine - Saint-Vincent-le-Paluel, château de Paluel - 500 000 € ! C’était impossible, ils l’ont fait. L’association « Adopte un château », qui avait lancé il y a moins d’un mois le pari fou de réunir cette somme, uniquement à partir de dons (non défiscalisés) pour acquérir un château en péril, l’a réussi (voir la brève du 28/8/17). Il reste encore deux jours, et le montant est déjà, au moment où nous écrivons ces lignes, de plus de 503 000 €. Les participants de dernière minute devraient sans doute augmenter encore ce chiffre de quelques dizaines de milliers d’euros, voire davantage. Il est encore temps pour vous de participer, comme nous l’avons fait dès le début de la collecte.

Cela ne signifie pas encore une fin heureuse. Il faudra d’abord que les enchères ne s’envolent pas, et qu’il n’y ait surtout pas de magouilles autour de celles-ci, le risque le plus grand étant celui du « bourrage », bien connu des professionnels, où le prix monte artificiellement contre un acheteur dont on sait qu’il a les moyens. Une opération peu probable, on l’espère, car illégale et certainement trop visible compte tenu de la médiatisation de l’affaire.
Si l’opération réussit, et une fois le montage mis en place (création d’une Société par Action Simplifiée, nomination des responsables…), une partie des fonds collectés devrait servir à commencer les travaux. Avec l’aide de l’État (le château est inscrit) et des différentes collectivités territoriales, leur financement paraît assuré : nul doute que les plus de 6000 copropriétaires (à ce jour) ne rechigneront pas à donner quelques dizaines d’euros chaque année pour les poursuivre.

Que se passera-t-il si l’association ne parvenait pas à acheter le château ? Il est normalement prévu que tous les donateurs soient remboursés. Il faut cependant espérer qu’ils accepteront tous de laisser leur don pour acheter un autre château en péril (ce ne sont pas les candidats qui manquent). Ensuite, il s’agira de trouver une affectation qui permette de faire vivre le monument.

Il est trop tôt pour savoir si ce type de projet sera amené à se renouveler avec un tel succès. Mais cette aventure prouve deux choses : d’abord que l’invention de nouvelles sources de financement pour le patrimoine, qui viendront compléter les fonds apportés par l’État et les collectivités territoriales, est possible, et que l’intérêt des Français pour les monuments historiques peut, parfois, déplacer des montagnes. Dans un contexte toujours plus inquiétant pour les vieilles pierres, voilà au moins une lueur d’espoir.


Didier Rykner, mercredi 20 septembre 2017





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