Le musée d’Orléans semble décidé à exposer, par roulement, des feuilles de son cabinet de dessins, en accompagnant ces présentations de petits catalogues illustrés. On ne saurait trop soutenir une telle entreprise. Orléans est un fonds important, qui conserve aussi de nombreux anonymes de belle qualité, ou des œuvres identifiées mais inédites, qui attendent leur publication.
Cela n’est plus tout à fait vrai pour l’école italienne qui a bénéficié récemment d’un excellent catalogue (voir article), hélas non exhaustif, mais dont on espère bientôt voir sur Internet les dessins non publiés, comme cela a été annoncé. Les écoles française et nordiques, en revanche, attendent encore d’être complètement étudiées..

1. Charles de la Fosse (1636-1716)
Portrait de magistrat
Sanguine, pierre noire rehauts de
craie blanche - 41,3 x 25,6 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Orléans, Musée des Beaux-Arts

2. Anonyme, vers 1730-1735
Trois études de draperie
Pierre noire, rehauts
de craie blanche - 33,6 x 23,6 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Orléans, Musée
des Beaux-Arts
C’est à l’auteur du catalogue italien, Eric Pagliano, bien qu’il ne soit plus conservateur à Orléans mais pensionnaire de l’INHA, que l’on doit ce dossier sur le drapé. Modeste par la taille (25 numéros seulement), la publication - nous n’avons pas vu l’exposition et nous ne parlerons donc pas de la présentation - ne déçoit pourtant pas. Plusieurs dessins sortent de l’anonymat, comme ce Portrait d’un magistrat (ill. 1) pour lequel le nom de La Fosse fut pour la première fois prononcé par Emmanuel Coquery [1]. D’autres sont plus hypothétiques, comme les cat. 11 (François de Troy) ou 14 (Portail). Exactes ou non, ces propositions donneront lieu à débat, et seront confirmées ou infirmées tandis que d’autres, qui restent sans nom, comme ces belles études (ill. 2 et 3) en retrouveront peut-être un grâce à ce petit volume.

3. Anonyme, vers 1730-1735
Quatre études de draperie
Pierre noire, rehauts de craie blanche - 25,1 x 27,6 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Orléans, Musée des Beaux-Arts
Mais l’auteur ne s’est pas contenté de faire acte d’attributionnisme, aspect fondamental mais forcément réducteur de l’histoire de l’art. Dans son essai introductif, il rappelle la place que tient le drapé dans la théorie de l’art, de Léonard de Vinci à Mengs, en appuyant sa démonstration sur les feuilles exposées. Un exercice dont il s’acquitte avec brio, et qui confère à cet ouvrage un intérêt qui dépasse ce que l’on était en droit d’espérer.
Eric Pagliano, Plis & Drapés dans les dessins français des XVIIe et XVIIIe siècles du musée des Beaux-Arts d’Orléans, édité par le Musée d’Orléans, 62 p., 9 €. ISBN : 2-910173-24-0.
