Parution de « La recherche au Musée du Louvre 2011 »


30/12/12 - Musée - Paris, Musée du Louvre - Nous avions, il y a un peu plus d’un an, salué l’édition par le Musée du Louvre d’un gros volume consacré à son activité scientifique. Nous regrettions que celui-ci ne soit pas mis en vente alors que les informations qu’il contenait (et la qualité de son édition) lui aurait sans doute assuré un vrai succès. Mais nous avions appris ensuite que celui-ci serait disponible sur internet.

Première bonne nouvelle : cette mise en ligne a été effective même si elle s’est faite de manière fort discrète. Vous pourrez donc télécharger ici, en plusieurs fichiers PDF, l’intégralité de cette revue (les liens se trouvent à droite de la page).

Seconde bonne nouvelle : l’édition de l’année 2011, qui recense tous les événements survenus ou mis en place l’année dernière, vient de paraître en format papier, toujours pas en vente mais qui sera sans aucun doute bientôt mise à la disposition de tous sur internet.

Parmi les nombreuses informations que contient cette revue (dont certaines, bien sûr, ont déjà fait l’objet d’articles sur ce site), nous signalerons notamment, bien loin de l’exhaustivité :

- Le lancement concret (car le travail de recensement existait déjà depuis plusieurs années) d’une base de données des peintures françaises du XVIe siècle. Celle-ci, dirigée par Cécile Scailliérez, sera constituée sur un principe proche du RETIF, la base des peintures italiennes dans les collections françaises1. En revanche, elle a vocation, à terme, à recenser l’ensemble des peintures françaises du XVIe siècle, que celles-ci soient conservées en France ou à l’étranger, afin d’établir un corpus le plus complet possible. Les peintures néerlandaises du XVIe siècle ayant fait l’objet d’une attribution à l’école française seront également prises en compte pour alimenter un éventuel projet comparable sur les peintures néerlandaises du XVIe siècle appartenant aux collections françaises.
Signalons ici que le Louvre a entamé il y a plus de deux ans un recensement équivalent des peintures ibériques conservées en France, sous le nom BAILA (Base d’Art Ibérique et Latino-Américain)2, mené par Guillaume Kientz. Cette base, élaborée en collaboration avec l’INHA, sera également hébergée sur leur plate-forme AGORHA.

- L’étude de deux fonds inédits de médailles en plâtre de David d’Angers. La faible considération pour les plâtres du XIXe siècle explique sans doute la piètre connaissance que l’on avait jusqu’à une époque récente des collections conservées dans les musées français des médaillons de ce sculpteur réalisés dans cette matière. Après la redécouverte et la publication par la Bibliothèque nationale de sa propre collection (voir l’article), ce sont deux autres ensembles qui sont aujourd’hui en cours d’étude et de restauration et qui donneront lieu à la réalisation d’une base de données dont on espère que les résultats seront publiés et/ou mis en ligne.
Le premier fonds, de 118 médaillons (ill. 1), provient de l’atelier du fondeur Louis Richard. Il n’avait pas été inventorié car il avait été acquis en 1921 pour les collections de moulage. Or, il s’agit bien d’œuvres originales, à partir desquelles ont été fondues les médailles de bronze. Le second fonds comporte 143 médaillons, et était déposé entre 1913 et 2001 au Musée de la Monnaie. La provenance et la date d’entrée dans les collections sont inconnues (!), ainsi que leur statut (moulages, plâtres originaux ?). Selon Béatrice Tupinier-Barrillon qui mène ce chantier avec Isabelle Leroy-Jay-Lemaistre, leur étude devrait permettre de « déboucher sur un certain nombre de définitions, celles de "plâtre original", de "plâtre de référence" et de "tirage de diffusion" ».


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1. Pierre-Jean David-d’Angers (1788-1856)
Médaillon de Jacques-Louis David
Plâtre
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMNGP/P. Philibert
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2. Ary Scheffer (1795-1858)
Le dévouement patriotique des six bourgeois de Calais en 1342
Huile sur toile - 300 x 600 cm
Paris, Assemblée Nationale
Photo : C2RMF/G. Dufresne

- La restauration d’un tableau fort peu connu d’Ary Scheffer, représentant Le dévouement patriotique des six bourgeois de Calais en 1342 (ill. 2), et datant de 1819. L’œuvre a été rarement vue car elle fut déposée par le Louvre, probablement dès 1820, à l’Assemblée Nationale, puis depuis 1968 dans les salles du Parlement au château de Versailles. Le tableau a été raccroché à l’Assemblée Nationale après sa restauration. Bien qu’il s’agisse d’un dépôt du Louvre dans un édifice qui n’est pas un musée (donc a priorinon autorisé par la loi), le fait qu’il s’agisse pratiquement de son emplacement original (la salle des Conférences) justifie un tel retour, d’autant que la visite du Palais Bourbon est désormais relativement facile puisque celui-ci est ouvert aux individuels du lundi au samedi lorsque l’Assemblée ne siège pas, et le samedi lorsqu’elle siège.


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3. Arcade du palais des Tuileries
remonté dans le jardin des Tuileries
Photo : Didier Rykner

Et enfin, si nous avions parlé du remontage d’une arcade du Palais des Tuileries à l’intérieur du Louvre, nous n’avions pas signalé celui d’une deuxième arche dans les jardins des Tuileries (ill. 3). Celle-ci, moins bien conservée que la précédente, se trouvait jusqu’en 1989 le long de la terrasse du Jeu de Paume avant d’être démontée. Après restauration, elle est désormais visible le long de la terrasse du Bord-de-l’Eau, sur le côté nord du Jardin des Tuileries.

English Version


Didier Rykner, dimanche 30 décembre 2012


Notes

1Ce qui signifie, hélas, qu’elle sera hébergée sur le système AGORHA de l’INHA dont nous avons à plusieurs reprises regretté la médiocre ergonomie. On nous a cependant promis que celle-ci va évoluer...

2Le nom initial, GRACIA (que l’on trouve cité encore sur le site internet du Louvre), a été abandonné.





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