Orsay : Guy Cogeval renouvelé… et remercié


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Musée d’Orsay
Photo : Didier Rykner

La question du renouvellement ou non de Guy Cogeval à la présidence d’Orsay fait parler le petit monde des musées depuis déjà de nombreux mois. Celui-ci n’avait pas caché son désir d’être nommé à nouveau pour trois ans. Sa gouvernance discutée (voir notamment Le Monde ou Libération) et son état de santé (voir cet article du Monde et la réponse de Guy Cogeval) ont donné lieu à diverses spéculations, d’autant que certain(e)s candidat(e)s dont les dents rayent le parquet se tiennent en embuscade.

La ministre de la Culture a tranché, à la manière du roi Salomon : Guy Cogeval est reconduit pour un an, à l’issue duquel il ne le sera plus, prenant la tête d’un « centre d’études sur les Nabis » qui dépendrait du Musée d’Orsay et qui n’existe pas encore1. Cela fait un peu penser à la nomination de Monseigneur Gaillot comme évêque in partibus de Partenia…
C’est donc l’après Guy Cogeval qui se dessine pour Orsay. Il est trop tôt cependant pour dresser un bilan qui sera forcément contrasté. Nous avons à plusieurs reprises dénoncé les multiples locations d’œuvres qui mettent en danger l’intégrité des collections, les expositions tape à l’œil et fort peu scientifiques ou la mise systématique des tableaux sous caisson climatique… En revanche, les aménagements du musée et ses acquisitions, par exemple, seront à porter à son crédit.

Il est essentiel, quoi qu’il en soit, que cet établissement retrouve, après son départ, un peu de sérénité. Certaines candidatures à la succession sont de ce point de vue un peu inquiétantes. Il y a pourtant en France de nombreux conservateurs du patrimoine qui pourraient diriger avec succès ce musée dont les statuts imposent que le président soit nommé « en raison de ses compétences scientifiques ». Cela vaut mieux puisque la nomination se fera juste avant les élections présidentielles de 2017, et il y aura du monde à recaser.


Didier Rykner, mercredi 9 mars 2016


Notes

1On se demande d’ailleurs l’intérêt de le créer alors que le Musée Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye n’a plus de moyens ni même de conservateurs (article à venir).





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