Odilon Redon, prince du rêve 1840-1916 Contenu abonnés


Paris, Galeries nationales du Grand Palais du 23 mars au 20 juin 2011.
Montpellier, Musée Fabre du 7 juillet au 16 octobre 2011.

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1. Odilon Redon (1840-1916)
À Gustave Flaubert, III. la mort : Mon ironie dépasse
toutes les autres !
, 1889
Lithographie sur Chine appliqué
sur vélin - 26,2 x 19,7 cm
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : Bnf
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S’il est une exposition qu’il ne faut pas manquer à Paris, parmi les nombreuses manifestations de premier plan qu’offre la Capitale en ce moment, c’est bien celle rendant hommage à Odilon Redon au Grand Palais. Lorsqu’on pense que la dernière présentation rétrospective consacrée à l’artiste en France remonte à 1956, on mesure l’importance de l’événement. C’était à Chicago et à Amsterdam en 1995, puis à Frankfort en 2007, qu’il fallait se rendre pour voir des expositions Redon, passionnantes d’ailleurs mais sans commune mesure en termes de dimensions avec celle du Grand palais. Visiter l’événement Redon s’avère d’autant plus indispensable qu’il est donc rare : deux fois par siècle, c’est tout dire… Aussi doit-on remercier infiniment Rodolphe Rapetti et son équipe non seulement d’avoir défendu ce projet mais de l’avoir aussi fait avec cette ampleur. Si l’on ajoute que l’exposition s’accompagne d’un vrai catalogue scientifique de premier plan, avec des notices d’œuvres, et, cerise sur le gâteau, l’édition sur CD du « livre de raison » de l’artiste (alors qu’il n’existait toujours aucune vraie monographie consacrée au peintre), on prend la mesure de l’événement.

Ce sont environ 300 pièces (si l’on prend en compte la totalité des feuilles participant aux cycles gravés) qui sont réunies pour permettre au public d’entrer dans l’univers singulier de Redon. Né trente ans avant la plupart des symbolistes, mort en 1916, l’artiste crée « en dehors du monde » pour reprendre l’expression de Baudelaire, un monde qui n’est qu’à lui. L’exposition présente la quasi totalité des cycles de « noirs » admirablement mis en valeur dans des salles aérées, clairement identifiés par des textes pédagogiques et des citations évocatrices. Hubert Le Gall a conçu une scénographie paisible et propice à la contemplation. Peut-être, çà et là, certaines idées peuvent-elles être discutées : si le choix des couleurs est dans l’ensemble approprié, l’alternance inversée du mauve et du vert pour murs et passe-partout dans une même salle, pour faire un joli effet, n’en atteint pas moins par moment à la limite de la « déco » et Redon possède une profondeur qui peut se passer de cela. Mais dans l’ensemble, la présentation est à la hauteur du corpus réuni.

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2. Odilon Redon (1840-1916)
Hommage à Goya, II. La fleur du marécage, une tête
humaine et triste
, 1885
Lithographie sur Chine appliqué
sur vélin - 27,5 x 20,5 cm
Paris, Bibliothèque nationale de France Photo : Bnf
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Estampes et « noirs » originaux, dessins, pastels et huiles constituent un corpus qui est, pour la première fois, mis en valeur dans un contexte scientifique. En effet, Redon ne datait pas ses œuvres et si les cycles édités sont évidemment…

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