
Jean-Jacques Aillagon et Giovanni Caracciolo
(Ambassadeur d’Italie en France)
lors de la conférence de presse du 14 décembre 2010
dans le théâtre de l’Ambassade d’Italie à Paris
Photo : Didier Rykner
15/12/10 – Musée et Patrimoine – Versailles, Musée et domaine national du château – Comme chaque année, le château de Versailles organisait une conférence de presse pour présenter sa saison à venir. En bon communicant, Jean-Jacques Aillagon a compris qu’il fallait tout le temps faire parler de lui et de son établissement. Il a ainsi souligné que, comme dans un grand magasin bien connu, il se passe toujours quelque chose à Versailles.
La principale annonce que nous retiendrons est une bonne nouvelle. Comme il nous l’avait promis dans l’interview que nous avions publié il y a 2 ans, l’amphithéâtre installé chaque année pendant plusieurs mois autour du Bassin de Neptune et qui le défigurait en menaçant sa conservation va enfin disparaître. Il est resté plus vague en revanche sur le sort qui sera fait à cette construction, n’excluant pas de le voir revenir à un endroit du parc qui poserait moins de problèmes patrimoniaux et un impact visuel plus faible1. Or, selon nos informations, la commission qu’avait réunie Jean-Jacques Aillagon pour suggérer le sort futur de cette installation aurait logiquement conclu qu’une telle structure poserait des problèmes où qu’elle se trouve. Espérons donc qu’elle disparaisse totalement du paysage versaillais.
Autre annonce, dont nous avions déjà entendu parler par ailleurs : le château de Versailles va passer un accord avec le musée des Beaux-Arts d’Arras pour y organiser régulièrement des expositions. Le président de l’Etablissement Public ayant beau vouloir se montrer rassurant, certifiant qu’il ne s’agirait aucunement de dépôts permanents, ni d’une opération commerciale, faute d’en savoir plus, nous réservons notre avis sur ce « Versailles-Arras ». Nous demeurerons très attentif à la mise en place de cette opération.
Dans notre article sur la restauration de l’antichambre du Grand Couvert (voir brève du 18/10/10), nous écrivions : « Il a été décidé d’installer un mobilier qui se rapproche le plus possible de ce décor disparu et il s’agit donc plutôt d’une évocation que d’une restitution. » C’était une erreur. Comme l’a écrit Le Journal des Arts, les deux chaises de cette évocation ne sont pas des meubles anciens mais des recréations dues au décorateur Jacques Garcia.
Interrogé par nos soins, Jean-Jacques Aillagon a passé la parole à Béatrix Saule (qui vient d’être nommée officiellement directrice du musée - voir la brève du 23/07/09), qui a justifié cette pratique. Il s’agit selon elle, « avec un grand sérieux scientifique », d’étudier tous les inventaires, de collaborer avec le mobilier national et le Louvre pour voir ce qu’il était possible d’acquérir ou d’obtenir en dépôt ; lorsqu’aucun équivalent n’est disponible, le château s’autorisera alors à faire refaire une copie d’un mobilier proche de celui documenté.
La conservatrice a beau affirmer que ceci ne concernerait que des meubles largement recouverts de tapisserie (ce qui, entre parenthèses, n’est pas le cas de ces chaises), on ne peut que condamner cette pratique. Elle n’est pas nouvelle certes (les girandoles en plastique de la Galerie des Glaces sont là pour le prouver) mais on y avait renoncé depuis déjà quelque temps, au moins à l’intérieur du musée. Désormais, de manière assumée, on reconstitue à l’extérieur mais aussi dans le château. Et l’on veut faire croire qu’une copie de Jacques Garcia est sérieuse scientifiquement sans même avertir clairement le visiteur que ce qu’il regarde n’est rien d’autre qu’un décor de théâtre.
Dans quelques semaines commencera la restauration du Salon de Mercure. Si l’on peut être rassuré par avance de la qualité de la restauration des décors, on se demande tout de même ce que nous réservera l’ameublement de cette pièce.
Signalons enfin que le château a annoncé la mise en location de l’Hôtel du Grand Contrôle ainsi que plusieurs acquisitions dont la préemption d’une esquisse d’Antoine Dieu. Nous parlerons de ces sujets dans d’autres articles à venir.
