13/4/08 – Acquisitions – Paris, Ensba – Nous signalions ici même il y a deux ans la création d’une association dont l’objectif est d’acquérir des dessins pour l’Ecole des Beaux-Arts, intitulée Le cabinet des amateurs de dessins de l’Ecole des Beaux-Arts (brève du 15/5/06). Depuis cette date, de nombreuses œuvres sont entrés grâce à ce mécénat. En voici la liste :

1. Hollande, XVIIe
Le Retour du fils prodigue, 1623
Plume et encre noire, lavis gris - 16,2 x 41,5 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Hollande, XVIIe siècle, Le Retour du fils prodigue (ill. 1).
Ce dessin, dont l’auteur reste à identifier, est daté de 1623. Il a été acquis chez Christie’s Paris le 21 novembre 2007 pour 1680 € (frais inclus).

2. Joseph Parrocel (1646-1704)
Le Christ au désert servi par deux anges
Pierre noire, plume et encre brune, aquarelle gouachée sur
papier imprimé - 22 x 33,5 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Joseph Parrocel, Le Christ servi par deux anges (ill. 2).
Acquise à l’Hôtel Drouot le 23 mai 2007 [1], cette feuille est la première de l’artiste à entrer dans les collections de l’Ecole des Beaux-Arts. Elle y a récemment, comme les deux suivantes, été montrée dans une exposition de dessins des Parrocel aujourd’hui présentée à Avignon au Musée Calvet. Dans le catalogue, Jérôme Delaplanche (par ailleurs auteur de la monographie publiée récemment chez Arthéna [2]) explique que malgré le sujet, la fin du jeûne du Christ dans le désert, il ne s’agit pas d’une œuvre faisant partie de la série de dessins préparatoires sur la Vie de notre Seigneur Jésus-Christ destinés à l’estampe.

3. Etienne Parrocel (1696-1775)
Etudes de cinq personnages
Pierre noire et craie - 54,2 x 40,4 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Etienne Parrocel, Un homme agenouillé tenant une femme dans ses bras, un ecclésiastique priant et deux personnages levant les bras au ciel (ill. 3).
Ce dessin, acquis par l’association chez Christie’s le 15 novembre 2006 [3], est préparatoire au tableau peint en 1739 pour la chapelle Saint-Charles de l’église Sainte-Praxède de Rome et représentant Saint Charles-Borromée priant pour la cessation de la peste. Sur la toile, le saint et un acolyte survolés par un ange musicien, prient pour les pestiférés. Les personnages étudiés ici y apparaissent partiellement à l’arrière-plan ce qui n’empêche pas Parrocel d’étudier également les parties qui resteront cachées dans l’œuvre définitive.

4. Etienne Parrocel (1696-1775)
Atlante soutenant un joug
Pierre noire et rehauts de blanc -
41,5 x 28 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Etienne Parrocel, Atlante soutenant un joug (ill. 4).
Ce second dessin d’Etienne Parrocel a été donné en 2007 par Alexandre Galdin via l’association, dont il est membre. Il s’agit d’une copie d’après un motif peint par Jules Romain dans la Chambre de Constantin au Vatican.

5. Gabriel de Saint-Aubin (1724-1780)
Vitellius est conduit au supplice
Plume, lavis de sépia et lavis gris avec
rehauts de gouache blanche - 20,4 x 15,5 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Gabriel de Saint-Aubin, Vitellius est conduit au Supplice (ill. 5).
Ce dessin [4] est préparatoire à une estampe illustrant Le Spectacle de l’Histoire romaine, ouvrage de Philippe de Prétot publié en 1776. La vie de l’Empereur Vitellius avait été racontée notamment par Suétone (Vie des douze César). Il fut assassiné à Rome par les troupes de Vespasien. L’illustration de Saint-Aubin suit à la lettre la description de Suétone : « On lui lia les mains derrière le dos, on lui jeta une corde au cou, on déchira ses vêtements, et on le traîna demi-nu sur le Forum, en lui prodiguant, le long de la voie sacrée, toutes sortes d’outrages. » [5]. Son physique est également conforme à la description : « il avait une taille gigantesque, la face empourprée par l’ivrognerie, le ventre gros et une jambe éclopée par le choc d’un quadrige lorsqu’il servait Caligula dans ses courses de char ». A l’arrière plan, on voit le Temple de Jupiter en flamme.

6. Gabriel François Doyen (1726-1806)
Le Miracle des Ardents
Plume, encre brune et lavis brun -
22,8 x 15,4 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Gabriel-François Doyen, Le Miracle des Ardents (ill. 6).
Le Miracle des Ardents est le tableau le plus connu de Gabriel-François Doyen, peint en 1767 pour le transept de l’église Saint-Roch et toujours en place. On en connaît de très nombreux dessins et esquisses peintes. Cette feuille, acquise chez Piasa en décembre 2007 [6], est encore très différente de la toile définitive dont la composition sera inversée. Un dessin très comparable à celui-ci est conservé au Musée Bonnat à Bayonne qui possède également une étude à l’huile plus proche de l’œuvre réalisée.

7. Jacques Gamelin (1738-1803)
Scène de bataille, 1783
Plume, encre bleue lavis d’encre bleue et rehauts de
gouache blanche - 29,5 x 41,6 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Jacques Gamelin, Scène de bataille (ill. 7).
L’artiste, originaire de Carcassonne, séjourna entre 1765 et 1774 à Rome où il se fit connaître comme peintre de batailles, titre sous lequel il fut reçu le 3 février 1771 à l’Académie de Saint-Luc. La technique - lavis bleu sur papier bleu avec rehauts de blanc - comme le style, avec ses personnages trapus à la physionomie si reconnaissable, sont caractéristiques de Gamelin. Ce dessin a été donné, via l’association, par un de ses membres, Daniel Thierry.

8. Augustin Pajou (1730-1809)
Une leçon d’anatomie, 1764
Pierre noire, plume, encre brune et lavis brun - 40 x 57 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Augustin Pajou, La leçon d’anatomie (ill. 8).
Ce dessin a été acquis aux enchères à Paris le 8 juin 2007 [7]. Signé et daté de 1764, il fut exposé au Salon de l’année suivante où Diderot le remarqua : « Cela une leçon d’anatomie ? C’est un banquet romain : Otez ce cadavre, mettez à sa pace un grand turbot, et ce sera une estampe toute prête pour la première édition de Juvénal » [8].

9. Horace Vernet (1789-1863)
Six chevaux dans un paysage
Plume, encre brune, lavis d’encre de chine et
rehauts de blanc - 13 x 24 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Horace Vernet, Six chevaux dans un paysage (ill. 9).
Cette feuille a été acquise à Saint-Paul-les-Dax le 24 juin 2007 [9]. Elle date sans doute du séjour romain de Vernet au début des années 1820 sans qu’il soit possible de la rattacher directement à un tableau précis. L’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un projet pour Mazeppa, sujet souvent représenté par l’artiste, avancée par Isabelle Julia, semble peu probable compte tenu du nombre de chevaux.

10. Paul Baudry (1828-1886)
Etude pour les Poètes Civilisateurs (recto)
Plume, encre brune - 32,5 x 50,2 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba

11. Paul Baudry (1828-1886)
Etude pour les Poètes Civilisateurs (verso)
Plume, encre brune - 32,5 x 50,2 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Paul Baudry, Études d’ensemble pour les Poètes civilisateurs (ill. 10 et 11).
Cette feuille recto-verso, qui a fait partie de la collection de Louis-Antoine Prat, prépare l’un des compartiments du foyer de l’Opéra de Paris [10]. L’Ecole des Beaux-Arts conserve un important fonds de dessin de l’artiste légué par Louise Garnier en 1922 mais jusqu’à présent ne possédait aucune étude d’ensemble. L’Ensba présente, jusqu’au 3 mai 2008, un accrochage Baudry (voir brève du 22/3/08).

12. Maximilien Luce (1858-1941)
Etude pour le Portrait d’Henri Edmond Cross
Fusain - 24,5 x 25,5 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba

13. Maximilien Luce (1858-1941)
Etude pour le Portrait
d’Henri Edmond Cross
Fusain - 29,6 x 23 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Maximilien Luce, Etude de veste et Etude de tête (ill. 12 et 13).
Les dessins de Maximilien Luce sont innombrables et passent très régulièrement en vente. L’artiste est inégal mais ceux-ci [11] sont préparatoires à une de ses meilleures œuvres : le Portrait d’Henri Edmond Cross conservé au Musée d’Orsay et daté de 1898.

14. Nicolas-René Jollain (1732-1804)
Orphée et Eurydice
Fusain - 24,5 x 25,5 cm
Paris, Ensba
Photo : Ensba
Enfin, un dessin a été offert par Jean-Christophe Baudequin hors le cadre de l’association. Il s’agit d’une sanguine de Nicolas-René Jollain (ill. 14) représentant le moment où Orphée découvre Eurydice morte. Cette feuille ne prépare aucun tableau connu.
Ces derniers jours, d’autres dessins ont été offerts à l’Ensba par l’association, des marchands ou des collectionneurs. Nous consacrerons donc très bientôt une autre brève à ces nouveaux dons.
