Nouvelles attributions : Bernin, Stella, Berdusán


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1. Attribué à Gian Lorenzo Bernini,
dit le Bernin (1598-1680)
Buste de Giovanni Angelo Frumenti, vers 1615-17
Marbre - 54 x 42 cm (environ)
Rome, Sante Maria Maggiore
Photo : A. Vasari

11/7/16 - Redécouvertes et attributions - De nouvelles œuvres sont régulièrement retrouvées et attribuées sans que cela soit forcément connu du plus grand nombre. Il peut s’agir de redécouvertes concernant des artistes importants, publiées dans des revues connues, telles que le Burlington Magazine ou la Revue de l’Art, comme de personnalités artistiques plus confidentielles dont des tableaux ou des sculptures sont révélés dans des publications qui ne le sont pas moins, comme ici le Bulletin du Musée Basque. Dans tous les cas, beaucoup d’amateurs n’ont pas connaissance de ces œuvres réapparues faute de lire ces revues.
Nous souhaitons donc dans la rubrique Brèves signaler régulièrement des œuvres retrouvées d’artistes majeurs ou d’autres moins célèbres mais pour des œuvres conservées dans des églises ou des lieux accessibles au public où on ne s’attend pas forcément à les trouver. Nous ne donnerons ici que quelques éléments pour renvoyer les lecteurs intéressés à la source, et nous ne discuterons pas - sauf exception - les attributions. Chacun pourra se faire une opinion.

Un portrait d’homme de Bernin

Dans la dernière livraison du Burlington Magazine (juillet 2016) dont nous mettrons en ligne le sommaire comme nous le faisons toujours, Steven F. Ostrow propose rien de moins qu’une nouvelle sculpture de jeunesse de Gian Lorenzo Bernini.
Il s’agit d’un buste de Giovanni Angelo Frumenti (ill. 1), placé sur son cénotaphe qui se trouve au fond du mur droit du baptistère, en général fermé au public par une grille, de la basilique Santa Maria Maggiore.
L’auteur explique que ce monument, initialement placé dans le bas-côté droit, fut transporté à sa localisation actuelle dans les années 1825-1827 lors des travaux effectués par Giuseppe Valadier. Il attribue le cénotaphe à l’atelier de Carlo Maderno, tandis que le buste lui même serait dû au ciseau du Bernin. Il le rapproche stylistiquement de plusieurs autres portraits du même artiste, le Buste de Giovanni Vigevano de Santa Maria sopra Minerva et celui de Pedro de Foix Montoya de Santa Maria Monserrato, tous deux à Rome. Il souligne sa qualité ainsi que l’absence d’autres sculpteurs, à la même époque, capables de produire une telle œuvre, à l’exception du père du Bernin, Pietro Bernini, de Pompeo Ferrucci, d’Ippolito Buzio, de Francesco Mochi et de François Duquesnoy, qui ne lui paraissent cependant pas des candidats crédibles. Il date l’œuvre de 1615-1617, soit avant la mort de Frumenti, celle-ci ayant été ensuite utilisée pour son monument funéraire.


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2. Jacques Stella (1596-1657)
Jésus retrouvé au temple par ses parents, 1642
Melbourne, cathédrale
Photo : D. R.

Un tableau de Jacques Stella en Australie

Alors que le tableau de l’église des Andelys passait depuis toujours pour être celui peint par Jacques Stella pour le Noviciat des Jésuites à Paris, Jaynie Anderson a publié, là encore dans le Burlington Magazine (numéro d’avril), un autre tableau de Stella (ill. 2), inédit jusqu’à aujourd’hui et conservé dans la cathédrale de Melbourne en Australie, représentant le même sujet (Jésus retrouvé au temple par ses parents), qui serait en réalité celui provenant de cette église parisienne aujourd’hui détruite.
Si l’attribution à Stella ne fait aucun doute [voir cependant notre P. S.], la provenance a pu être établie par la démonstration que le tableau provient de la collection du cardinal Fesch, où le tableau jésuite se trouvait après avoir quitté le noviciat.


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3. Vincente Berdusán (1632-1697)
Saint Michel terrassant le démon, vers 1670-1680
Huile sur toile - 195 x 141 cm
Larressore, chapelle du petit séminaire
Photo : Mano Curutcharry

Un beau tableau espagnol dans une église basque

Frédéric Jiméno a publié dans la dernière livraison de la Revue du musée basque (nous mettrons désormais en ligne son sommaire) un très beau Saint-Michel terrassant le démon du peintre aragonais Vicente Berdusán. Cette toile est aujourd’hui conservée dans la chapelle du petit séminaire de Larressore, fondé en 1733. L’arrivée de cette toile doit correspondre au remeublement de l’édifice après la période révolutionnaire, au début du XIXe siècle. Il s’agirait d’une œuvre de jeunesse de Berdusán, qui fut « proche chronologiquement et stylistiquement » de Juan Carreño de Miranda. Les arguments de l’auteur pour cette attribution sont nombreux, mais nous remarquerons simplement que la comparaison qu’il fait avec un autre Saint Michel1 de cet artiste est totalement convaincante.


Didier Rykner, lundi 11 juillet 2016


P.-S.

14/7/16. Signalons que l’attribution du tableau de Melbourne à Jacques Stella est contestée par Sylvain Kerspern sur son site dhistoire-et-dart.com.
Pierre Rosenberg, pour sa part, nous a confirmé oralement qu’il pensait que l’article du Burlington Magazine était juste dans l’attribution et la provenance.


Notes

1Tudela, Convento de Franciscana Clarisas.





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