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Nouvelle donation Plácido Arango au musée d’Oviedo


7/3/17 - Acquisitions - Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias - Il y a onze ans, l’homme d’affaire Plácido Arango Arias avait montré une partie de sa collection au musée d’Oviedo et offert un paysage de Darío de Regoyos (voir la brève du 25/11/06). Deux ans après avoir donné une sélection de 25 chefs-d’œuvre au Prado, choisis dans le but de combler les lacunes du musée madrilène (voir la brève du 10/07/15), il fait à nouveau bénéficier le musée des Asturies d’une exceptionnelle libéralité1. Soit 29 œuvres couvrant 500 ans d’art espagnol : dix-huit artistes étaient jusqu’ici absents du fonds du musée, six y sont déjà représentés et quatre autres ne le sont que par des dépôts. Certains peintres figurent à la fois dans la donation à Oviedo et dans celle consentie au Prado (Morales, A de Loarte, Zurbaran, Valdez-Leal)2.

Nous reproduisons ci-dessous, dans l’ordre chronologique, les dix-sept peintures antérieures à 1900.


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1. Entourage de Diego de la Cruz,
Naissance de la Vierge, vers 1485,
Médium huileux sur panneau - 100 x 70 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Entourage de Diego de la Cruz, Naissance de la Vierge (ill. 1).


JPEG - 1.7 Mo
2. Entourage du Maitre de la Visitation de Palencia et
Maître de Oña (Fray Alonso de Zamora, 1476-1510)
Retable de la flagellation, entre 1486 et 1494
Médium huileux sur panneaux - 500 x 390 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Entourage du Maitre de la Visitation de Palencia et Maître de Oña, Retable de la flagellation (ill. 2).

Ce retable hispano-flamand parvenu complet a été commandé par l’abbesse Leonor de Velasco à plusieurs artistes pour la chapelle du cimetière du monastère des clarisses à Medina de Pomar (Burgos). La donatrice est figurée à droite du Christ dans le panneau central. Les huit panneaux centraux mesurent en tout 5 sur 3,9 mètres, sans compter la corniche crénelée et les garde-poussières latéraux : il ne peut entrer dans l’actuel palais de Velarde, et prendra place dans l’extension du musée.


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3. Juan Correar de Vivar (vers 1510-1566)
La Montée au calvaire et La Crucifixion, vers 1550
Huile sur panneau - 200 x 140 chacun
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Juan Correar de Vivar, La Montée au calvaire et La Crucifixion (ill. 3).

Le musée possédait déjà une Annonciation de ce peintre, mais de plus petites dimensions.


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4. Luis de Morales (vers 1510-1586)
Pietà, vers 1565/70
Huile sur panneau- 68 x 52 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Luis de Morales, Pietà (ill. 4).

Autre version de la composition conservée au musée des beaux-arts de Bilbao.


JPEG - 1.6 Mo
5. Juan de Juanes (Joan Vicent Masip, vers 1523-1579)
Saint Augustin, vers 1579
Huile sur panneau - 107,5 x 59,2 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Juan de Juanes, Saint Augustin (ill. 5).


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6. Juan Pantoja de la Cruz (1553-1608)
Portrait de Marguerite d’Autriche, 1607
Huile sur toile - 103 x 124 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Juan Pantoja de la Cruz, Portrait de Marguerite d’Autriche (ill. 6).


JPEG - 49.6 ko
7. Rodrigo de Villandrando (vers 1580-1622)
Portrait dit de Virginia Centuriona, vers 1620
Huile sur toile - 196 x 112,5 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Rodrigo de Villandrando, Portrait dit de Virginia Centuriona (ill. 7).


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8. Juan van der Hamen y León (1596-1631)
Nature morte avec des fruits, artichaut et
fleurs et un panier de pois et de cerises
, 1621
Huile sur toile - 61 x 81 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Juan van der Hamen y León, Nature morte avec des fruits, artichaut et fleurs et un panier de pois et de cerises (ill. 8).


JPEG - 88.5 ko
9. Alejandro de Loarte (vers 1595-1626)
Nature morte de fruits dans une coupe en céramique
Huile sur toile - 81,5 x 108 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Alejandro de Loarte, Nature morte de fruits dans une coupe en céramique (ill. 9).

Ces deux tableaux inédits complètent magnifiquement la riche collection de bodegones du musée (Yepes, Arellano, Meléndez …).


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10. Francisco de Zurbarán (1598-1664)
Portrait de l’infant P. Bustos de Lara, vers 1640-45
Huile sur toile - 197 x 103 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Francisco de Zurbarán, Portrait de l’infant P. Bustos de Lara (ill. 10).

Ce tableau fait partie d’une série de huit ou dix toiles liées à un tragique fait divers légendaire : la famille de Lara, dont les sept fils furent assassinés en 974, se vengea par un massacre plus cruel encore. L’histoire sanglante avait été remise à la mode par Lope de Vega en 1612. La même année, Otto Venius publiait une série de gravures sur ce thème qui ont servi de modèles à Zurbarán. Des tragicomédies ou des ballets avec des personnages costumés représentant les fils de Lara participaient aux fêtes du Corpus Christi à Séville, ce qui explique l’aspect théâtral et désarticulé de cette œuvre. Une autre pièce de la série est au musée Goya à Castres.
Le musée des Asturies possédait déjà un très beau Christ mort sur la croix de l’artiste (dation Masaveu).


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11. Jerónimo Jacinto Espinosa (1600-1667)
Vision mystique de saint Bernard de Clairvaux, vers 1650
Huile sur toile - 118 x 90 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Jerónimo Jacinto Espinosa, Vision mystique de saint Bernard de Clairvaux (ill. 11).


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12. Francisco Gutiérrez (vers 1616-vers 1670)
Le banquet d’Esther
Huile sur toile - 111,2 x 139,7 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Francisco Gutiérrez, Le banquet d’Esther (ill. 12).


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13. Juan de Valdés Leal (1622-1690)
Salomé dansant devant Hérode
Huile sur toile - 177,5 x 146 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Juan de Valdés Leal, Salomé dansant devant Hérode (ill. 13).

En 1676, Don Juan José de Bárcena commanda un cycle de six toiles sur la vie de saint Jean-Baptiste pour décorer son grand salon, dont faisait partie cette scène orientaliste, presque érotique, l’une des peintures les plus profanes de la carrière de Valdés Leal, Comme nombre d’œuvres de la collection Arango, elle a été acquise sur le marché international (en 1989) dans l’intention de la faire revenir en Espagne. Le livre de Juan Antonio Gaya Nuño, La pintura espanola fuera de Espana (1958) est à la base de la vocation patriotique de nombreux collectionneurs espagnols de la seconde moitié du XXe siècle ; ce qui explique pourquoi tant d’entre eux donnent ensuite aux musées de leur pays.


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14. Claudio Coello (1642-1693)
Apparition de la Vierge à un saint Bonaventure
(ou à saint Simon de Rojas)
, vers 1663/65
Huile sur toile - 32,5 x 26,4 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Claudio Coello, Apparition de la Vierge à un saint Bonaventure (ou à saint Simon de Rojas) (ill. 14).

Œuvre de jeunesse de l’artiste déjà représentative de son style et de sa palette claire.


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15. Genaro Pérez Villaamil (1807-1854)
Procession devant la cathédrale d’Oviedo, 1837
Huile sur toile -101 x 71 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Genaro Pérez Villaamil, Procession devant la cathédrale d’Oviedo (ill. 15).

Ce tableau a été exposé à l’Académie royale de San Fernando à Madrid en 1837 (sur l’artiste, voir la brève du 8/3/04). L’image pittoresque est en fait une fantaisie tant sur le plan de l’événement (il n’existe pas de procession de la Vierge à Oviedo, ni de fête en costume troubadour du XVIe siècle) que de l’architecture représentée. En dehors de la tour centrale bien réelle, les autres éléments gothiques sont empruntés à la cathédrale de Burgos ou aux églises françaises.


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16. Ignacio Zuloaga (1870-1945)
Buffalo, Señor de Montmartre
Huile sur toile - 193 x 116 cm
Oviedo, Museo de Bellas Artes de Asturias
(sous réserve d’usufruit)
Photo : Service de presse du musée
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- Ignacio Zuloaga, Buffalo, Señor de Montmartre (ill. 16).

Un des sommets de l’art de Zuolaga portraitiste, représentant le chanteur Buffalo, interprète entre autres de Bruant pour le Chat Noir (on peut l’écouter en ligne sur deezer ou spotify, ou sur des sites gratuit de chansons rétro). Ce tableau pourra dialoguer dans les salles avec la Tireuse de cartes du même peintre (dation Masaveu). Dans les années 1890, l’artiste espagnol fréquente la Bohême montmartroise, la bande à Gauguin, Emile Bernard notamment, dont on perçoit l’influence ici, mais aussi Maxime Dethomas. Dix ans plus tard, il influence les figures du Picasso des périodes bleue et rose.

Les peintures du XXe siècle, du même haut niveau de qualité, reviennent à José Gutiérrez Solana, Antoni Tàpies, Manuel Millares, Pablo Palazuelo, Rafael Canogar, Eduardo Arroyo, Equipo Crónica, Josep Guinovart, Esteban Vicente, Pablo Palazuelo, Darío Villalba, ainsi que deux sculptures de Juan Muñoz et Cristina Iglesias.


La Tribune de l’Art, mardi 7 mars 2017


Notes

1Sous réserve d’usufruit, dans les mêmes conditions qu’au Prado ; c’est-à-dire qu’il garde la jouissance théorique des œuvres alors même que la plupart seront déjà accrochées dans le musée. La nouvelle donation sera présentée dans une exposition temporaire prévue d’avril à l’automne 2017.

2Si on se fie au catalogue de l’exposition de 2006, Una Miranda Singular, Placido Arango possède encore plus de 200 œuvres parmi lesquelles des pièces majeures de Greco, Ribera, van der Hamen, Meléndez, Sorolla … Rappelons qu’il a été l’instigateur ou le mécène de plusieurs moments forts des musées espagnols depuis le retour à la démocratie : par exemple, l’organisation de l’« année sabbatique » de John Brealey, le restaurateur du Metropolitan Museum, venu à Madrid nettoyer les Ménines (1984), ou l’acquisition du Portrait de la marquise de Santa Cruz de Goya par le Prado (1986).





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