Nouvelle acquisition pour Stockholm : un portrait de Saint-Ange par Von Breda


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Carl Fredrik von Breda (1759 - 1818)
Le Comédien Saint-Ange, 1785.
Huile sur toile - 100 x 83 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Cecilia Heisser/Nationalmuseum
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23/8/17 - Acquisition- Stockholm, Nationalmuseum - Et le musée de Stockholm continue de s’enrichir. Un comédien français représenté par un peintre suédois rejoint les collections. Le tableau1 a été adjugé 300 000 couronnes (environs 31 400 euros) dans une vente à Stockholm le 8 décembre 2016. Il montre les talents de portraitiste de Carl Fredrik von Breda dès ses débuts, lorsqu’il était encore influencé par Laurent Pasch le jeune, qui fut son professeur à l’Académie. En 1787, le peintre quitta la Suède et partit pour l’Angleterre où la rencontre de Sir Joshua Reynolds marqua un tournant décisif dans son œuvre.

Saint-Ange faisait partie de la troupe du théâtre français dirigé à Stockholm par Jacques-Marie Boutet de Monvel dans les années 1780. Acteur et dramaturge, Monvel fut sociétaire de la Comédie-Française à partir de 1772, mais quitta Paris en 1781 pour des raisons obscures, et se rendit en Suède où il fut engagé par Gustave III. Von Breda représenta plusieurs membres de la troupe, notamment Desguillons qui se trouve lui aussi au Nationalmuseum, Monvel bien sûr, ou encore Sophie Hus.
Dans cette série de tableaux, l’artiste peint à chaque fois un double portrait : un personnage et une personnalité. Chacun des acteurs est en effet montré jouant un rôle, vêtu d’un costume chatoyant.
Saint-Ange incarne ainsi Crispin, valet d’Eraste dans Les Folies amoureuses, comédie de Jean-François Regnard conçue en 1704. Serviteur rusé et malicieux, il imagine différents stratagèmes pour aider son maître à délivrer la belle Agathe, retenue prisonnière par son tuteur.
Selon le catalogue de l’exposition de l’Académie où ce tableau fut exposé en 1786, Saint-Ange serait en train de narrer ses soi-disant exploits de guerre au tuteur d’Agathe : « Savez vous bien, Monsieur, que j’étois dans Crémone ? ». L’éloquence de ses gestes et de sa pose est mise en valeur par son costume noir qui ressort sur le fond neutre, et par ses gants et sa ceinture jaunes qui ressortent sur son costume noir. Son air à la fois satisfait et malicieux correspond bien au rôle du valet, alors que l’artiste donne à Monvel un air farouche, fidèle au rôle de Ladislav dans Venceslas.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 23 août 2017


Notes

1Le tableau était présenté dans l’exposition « Le Soleil et l’Etoile du nord : la France et la Suède au XVIIIe siècle » aux Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 15 mars-13 juin 1994.





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