Nouveaux dons pour le Musée des Beaux-Arts d’Orléans


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1. Michel-Martin Drölling (1786-1851)
Portrait de femme, 1811
Huile sur toile - 61 x 50 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Orléans
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2/5/17 - Acquisitions - Orléans, Musée des Beaux-Arts - Aide toi le ciel t’aidera. Les musées qui s’enrichissent régulièrement par des achats montrent qu’ils sont actifs. On a forcément envie de les encourager et pour cette raison, ils attirent les dons. C’est ainsi que le Musée des Beaux-Arts d’Orléans s’est vu offrir récemment deux tableaux, ainsi que deux sculptures (ces dernières sous réserve d’usufruit).

Marie-Catherine Sahut, ancienne conservatrice du Louvre en charge des peintures du XVIIIe siècle, a offert au musée deux tableaux : un portrait de femme par Michel-Martin Drolling (ill. 1), et un tableau religieux représentant L’Ange exilé par Rosalie Thévenin (ill. 2).

Le premier tableau représente un femme qui n’a pas été encore identifiée. Peint en 1811, année du départ de l’artiste pour la Villa Médicis (il avait gagné le grand prix de Rome l’année précédente avec La Colère d’Achille), ce portrait de style néoclassique, où le modèle se détache sur un fond uniforme, n’est pas sans rappeler ceux peints à la même époque par Louis-Léopold Boilly. Ses dimensions sont cependant plus grandes (61 x 50 cm) que celles des petits tableaux de ce dernier. Si le Musée des Beaux-Arts d’Orléans possédait déjà plusieurs œuvres de Martin Drolling (six toiles et quatre dessins), celle-ci est la première de son fils à entrer dans ses collections. À la fin de l’année 2017, le parcours du musée renouvelé (des travaux sont actuellement en cours pour prolonger la réouverture du dernier étage en 2017 - voir l’article) comprendra deux salles néoclassiques où ce portrait sera présenté.

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2. Rosalie Thévenin (1820-1892)
L’Ange exilé, 1861
Huile sur toile - 96 x 71 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Orléans
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L’autre toile offerte par Marie-Catherine Sahut date de 1861. Son auteur, Rosalie Thévenin, était la sœur de Marie-Amélie Cogniet, femme de Léon Cogniet dont le musée d’Orléans conserve le fonds. Comme sa sœur et son beau-frère dont elle fut l’élève, Rosalie était peintre et exposa aux Salons à partir de 1842. À celui de 1853 elle avait présenté un pastel représentant L’Ange exilé, d’après un poème de Béranger :

« … Il fut des anges révoltés
Dieu sur leur front fait tomber sa parole,
Et dans l’abîme ils sont précipités.
Doux, mais fragile, un seul, dans leur ruine,
Contre ses maux garde un puissant secours ;
Il reste armé de sa lyre divine…
 »

Il est possible (mais non certain, ce pastel n’étant pas localisé) que le tableau de 1861 reprenne la composition de ce pastel. Ce très beau tableau figurant l’ange mélancolique se reposant sur sa lyre, devant un fond de nuage orageux, est proche par son style du romantisme de Léon Cogniet. Six œuvres de Rosalie Thévenin étaient déjà conservées au musée grâce au legs Cogniet, dont trois portraits peints et deux pastels, ainsi qu’un autre tableau religieux : Le Christ au jardin des Oliviers.


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3. François-Louis Dejuinne (1784-1844)
Saint Aignan, évêque d’Orléans, invoque le ciel
pour le salut de la ville assiégé par les barbares
,
Huile sur toile - 42 x 34 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Orléans
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4. François-Louis Dejuinne (1784-1844)
Saint Aignan, évêque d’Orléans, invoque le ciel
pour le salut de la ville assiégé par les barbares
, 1833
Huile sur toile - 329 x 260 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Orléans
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C’est à la générosité de Mehdi Korchane, historien de l’art spécialiste de Pierre-Narcisse Guérin, et collaborateur de la galerie Descours à Lyon, que l’on doit le don d’une esquisse de François-Louis Dejuinne (ill. 3), préparatoire à un tableau conservé au Musée des Beaux-Arts d’Orléans, Saint Aignan, évêque d’Orléans, invoque le ciel pour le salut de la ville assiégée par les barbares, présenté au Salon de 1833 (ill. 4). Il s’agit d’une étude qui doit se situer assez tôt dans le processus de création du tableau : si la composition générale est déjà trouvée, on note cependant de très nombreuses différences dans le nombre des personnages comme dans leur attitude. Dejuinne était un élève de Girodet. Il y a quelques années, le musée de Montargis avait acquis de sa main Girodet peignant « Pygmalion et Galatée » (voir la brève du 15/10/17).


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5. James Pradier (1790-1852)
Ange en prière
Terre cuite - 20 x 11 x 11 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
(don sous réserve d’usufruit)
Photo : D. R.
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Il y a quelques mois, deux statuettes en terre cuite romantiques ont été offertes par un particulier sous réserve d’usufruit. La première est une rare esquisse de James Pradier (ill. 5), sans doute préparatoire aux anges placés sur l’urne funéraire en marbre exposée au Salon de 1840 et conservée par le Musée de Genève (ill. 6 et 7). Si les ailes manquent, leur emplacement est marqué par deux fentes dans le dos. Celles-ci sont peu profondes et il n’y a aucune trace de cassure. Il est donc probable qu’elles n’étaient pas réalisées en terre, mais peut-être en carton. Il s’agissait avant tout ici de chercher l’attitude dess anges. Néanmoins, tout rattache cette terre cuite à ce marbre : les plis des draperies, la physionomie et la position des figures (surtout de l’ange reproduit ill. 7) sont en effet absolument comparables. Sur la base de la terre cuite est collée une étiquette ancienne, déchirée, qui date manifestement de son époque de réalisation, et qui porte sur la partie gauche restée intacte : « Maqu... / Prad… », ce qui dans ce contexte ne peut que correspondre à « Maquette... / Pradier... ».
Le Musée Paul Fourché d’Orléans possédait déjà, avant la guerre, une terre cuite de Pradier représentant une femme assise, qui a disparu pendant la guerre.


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6. James Pradier (1790-1852)
Urne funéraire, 1840
Marbre - H. 85 cm
Genève, Musée d’Art et d’Histoire
Photo : Didier Rykner
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7. James Pradier (1790-1852)
Urne funéraire (détail), 1840
Marbre - H. 85 cm
Genève, Musée d’Art et d’Histoire
Photo : Didier Rykner
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La seconde terre cuite (ill. 8), de plus grande taille, est une Madeleine pénitente. Agenouillée (comme l’ange) elle prie, une tête de mort devant elle. Si cette sculpture reste anonyme, n’ayant pu être pour l’instant rapprochée d’aucune œuvre connue, une proposition d’attribution à Théodore Gechter a été faite par Wassili Joseph, spécialiste de Rude et de la sculpture romantique.
Ces deux sculptures ont été prêtées au musée par le collectionneur qui en conserve l’usufruit, depuis septembre dernier et pendant encore quelques mois. Elles sont exposées (ill. 9) non loin des sculptures de Henri de Triqueti que conserve le musée.


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8. France, vers 1840
Madeleine pénitente
Terre cuite - 32 x 30 x 15 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
(don sous réserve d’usufruit)
Photo : Didier Rykner
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9. Les deux sculptures données sous réserve d’usufruit
actuellement présentées dans les salles du musée
Photo : Didier Rykner
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9. Eugène Giraud (1806-1881)
Portrait de femme, 1849
Pastel - 94 x 72 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : SVV Jean-Marc Delvaux
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Nous ajouterons à tous ces dons celui d’un pastel d’Eugène Giraud (ill. 10) acquis par le musée et financé par la société des amis du musée. Il a été acquis à la vente Delvaux du 16 décembre 2016 pour seulement 2500 €, sans les frais. Cette œuvre de très belle qualité vient ainsi compléter l’une des plus importantes collections de pastels des musées français. Celui-ci n’a pas encore livré tous ses secrets car le modèle reste mystérieux. Daté de 1849, il fut exposé au Salon de 1851 comme Portrait de Mlle D***. Aujourd’hui peu connu, Eugène Giraud fut pourtant un peintre renommé qui réalisa notamment de nombreux portraits de la princesse Mathilde. Un pastel représentant cette dernière, ovale comme celui-ci, est conservé au château de Compiègne.
L’œuvre sera présentée en 2018 dans un cabinet des pastels qui sera aménagé dans le cadre des travaux actuellement en cours au musée.

Et comme les chroniques des acquisitions du Musée des Beaux-Arts d’Orléans ne sont jamais terminées nous reviendrons rapidement sur un autre achat réalisé l’an dernier et dont nous n’avons pas encore parlé.


Didier Rykner, mardi 2 mai 2017





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